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Les psychologues seront en grève le 6 octobre

Le public a une représentation très favorable des psychologues, mais la réalité de leurs conditions de travail est méconnue et de plus en plus précarisée.
Les psychologues sont systématiquement appelés pour répondre à l’urgence ainsi que pour assurer le suivi des personnes traumatisées (Bataclan, Nice, Le Rouvray …). On les convoque aussi pour conjurer les effets dévastateurs des nouvelles organisations du travail qui almènent les salariés et provoquent burn out, dépressions, voire suicides.
Les psychologues travaillent dans de très nombreuses institutions. Leurs interventions consistent à recevoir les usagers, les familles, mais aussi à apporter une aide et un soutien aux professionnels du social et médico-social. Pour autant, dans les institutions, la réalité de leurs conditions d’emploi reste très difficile et ne permet pas de répondre à la demande du public.

LES PSYCHOLOGUES EN CHIFFRES
· 54.000 psychologues enregistrés nationalement dans les ARS sur ADELI en 2015
Dans les établissements de santé on recense en 2014, 12.641 équivalent Temps Pleins, dont :
· 10.043 dans les établissements publics de santé
· 1.794 dans les établissements privés non-lucratifs
· 804 dans les établissements privés lucratifs
Dans les autres fonctions publiques :
· 3000 Fonction Publique Territoriale
· 200 Protection Judiciaire de la Jeunesse
· 3000 psychologues scolaires dans l’Éducation Nationale

Non seulement ils ne sont pas assez nombreux mais la profession cumule un taux de précarité particulièrement élevé. Ainsi dans les hôpitaux par exemple, un psychologue sur deux est en situation précaire. Dans certains établissements, les temps pleins de psychologues ont été remplacés par des vacations, les EHPAD recensent le plus de temps partiel avec des psychologues qui travaillent 1jr/semaine pour plus de 100 résidents. Ces conditions d’emploi ne permettent plus aux psychologues d’assurer la continuité de leurs prises en charge ou de coopérer durablement avec les équipes et les autres professionnels.
Leurs revenus demeurent très faibles au regard de leur formation. Dans les fonctions publiques (qui servent le plus souvent de référence), leurs grilles de salaire n’ont pas été
réévaluées depuis la création de leur statut en 1991 ! Ainsi un psychologue qui doit toujours être titulaire d’un master 2, soit un niveau minimum bac + 5, est embauché à 1400 euros net pour un temps plein. Dans cette profession à 80% féminine où les temps partiels imposés et le cumul de postes distants géographiquement sont extrêmement répandus, la réalité des revenus est parfois inférieure au seuil de pauvreté.
Si très récemment, quelques signes positifs ont été appréciés par la profession comme la mise en place d’un projet psychologique dans les hôpitaux, paru dans la loi santé, ou bien la structuration institutionnelle des psychologues pourtant expérimentée depuis 3 ans dans près d’une centaine d’établissements hospitaliers, aucun décret d’application n’est venu confirmer ces timides ouvertures.
C’est pour être mieux reconnus, considérés et rémunérés par les institutions qui les emploient et offrir au public l’accueil et l’accompagnement qu’il est en droit d’attendre que les psychologues seront en grève le jeudi 6 octobre. Une demande d’audience est adressée au Président de la République ainsi qu’au ministre de la Santé et de la Fonction Publique.

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