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JOHNNY : "Dernier message pour un dernier hommage avant ton départ pour ta dernière demeure"

Habitante de Mellecey, âgée de 63 ans, Brigitte Cadot (à droite sur le cliché), lectrice régulière d’info-chalon.com, avait le profil type pour, sans être une fan « pure et dure », s’épancher à cœur ouvert sur la disparition à gros retentissement de JOHNNY. Si elle eût préféré un rassemblement d’inconditionnels pour adresser un témoignage de vénération et collégial au personnage adulé des foules au nom « du partage et de l’appartenance », à défaut Brigitte a rédigé le texte ci-dessous qui résume à merveille la place énorme que l’idole des jeunes a occupé chez des milliers et des milliers de personnes.

 

«Tu es parti sur la pointe des pieds JOHNNY, « sans un éclat de voix et sans un bruit, le cœur en fièvre et le corps démoli », et nous sommes tous anéantis. Tes fans tout d’abord, ceux de la première heure, mais les autres aussi, tous les jeunes qui t’ont découvert ces dernières années, et  nous, les enfants du baby boom , que tu as accompagnés tout au long de notre vie et dont je fais partie…

Je rentrais de l’école, j’avais 10 ans à peine en 1964. Comme tous mes copains et copines je me jetais du bus qui nous ramenait pour courir écouter la sacro-sainte émission d’Europe 1, celle de  notre jeunesse, cette jeunesse qui a eu tant de chance de connaître la douceur des années 60, années disparues à jamais et dont toute notre vie nous serons nostalgiques. Cette émission, c était « Salut les copains ». Oh ! ça ne nous gênait pas de faire nos devoirs en même temps, bien au contraire. C’était une institution ! Pas question d’en rater un morceau.  Tu commençais de chanter, mais tu n’étais pas tout seul ! Tous tes potes, ceux qui un peu plus tard figureront sur l’affiche SLC : Joe Dassin, Eddy, Dick Rivers, Sylvie, Sheila, mais aussi, Adamo, Richard Anthony, Monty… et tant d’autres. Nous vous aimions tous. Nous avons connu là la période la plus belle de notre vie ! Pensez ! Que des tubes ! Chaque jour, un nouveau tube ! Les soirs d’été, on se baladait dans les rues avec le transistor sous le bras, c’était presque une obligation …

La vie s’ouvrait à nous légère et pleine d’espérance avec le temps des Yéyés ! Mais toi, JOHNNY, tu avais une place particulière, comme si nous sentions déjà l’après. Le rock, c’était toi, et de loin, même si ton copain Eddy était bien lancé avec les Chaussettes Noires. Mais tu n’as fait d’ombre à personne, tes potes chanteurs tu les aimais comme les frères que tu n’as pas eus et les copains qui t’ont fait défaut jusqu’à ton adolescence. Alors tu l’as chanté JOHNNY, «  s’il n’en reste qu’un je serai celui-là ! » Et ce fut bien le cas, tu l’as été celui-là, toute ta vie tu seras tête d’affiche !

Dans ton répertoire, il n’y a rien à jeter. Toutes tes chansons ont une âme, qu’elles soient gaies, tristes, ou révoltées. Tu les as chantées avec ton cœur ou avec tes poings! Je t’ai entendu dire lors de l’hommage qui t’était rendu  hier, avec un sourire modeste, presque en t’excusant, en écoutant un extrait de « San Francisco » : « Oh ! Celle-là, j’aurais pu m’abstenir ».  Que non JOHNNY, San Francisco tu l’as chantée merveilleusement bien, tu étais flamboyant avec ton costume hippie et tes beaux cheveux blonds. Quelle beauté à l’aube de tes 30 ans ! La période hippie, tu nous l’as offerte, et nous l’avons prise, passionnément. Tu nous as tout offert et nous avons tout pris ! Tu t’es transformé tant et tant de fois, tel un caméléon, pour rebondir encore plus fort, chaque fois. Pour ton public. Tu ne t’es jamais trompé ! Tu as écouté ton cœur, toujours, en homme généreux, tu n’as jamais triché ! Les jeunes générations, celles qui pleurent aujourd’hui  ton départ, ne s’y sont pas trompées. J’entendais hier un de tes amis dire : «Quand JOHNNY nous tendait la main c’était son cœur que l’on serrait ».

Nous sommes tous orphelins de toi ; plus jamais on n’entendra la date de ton prochain concert ; plus jamais les endroits mythiques où tu te produisais ne résonneront de ta voix unique. Là-haut tu as retrouvé tous tes copains, Coluche, Le Luron, Michel Berger, Balavoine,  Gainsbourg, le gentil Carlos et bien d’autres. Nous espérons tous que ce sera une fête perpétuelle, car après avoir tant donné, tu as bien droit à un peu de repos. Tes chansons  nous les fredonnerons toujours car elles sont dans nos cœurs pour le reste de notre vie.  Et qui sait, peut-être, si nous avons la chance de pouvoir nous retrouver pour une date anniversaire, le tien, ou la date de ton départ pour l’infini, tes fans, ou tous ceux qui t’aiment et t’ont aimé, nous pourrons les chanter pour toi…

Tu vois JOHNNY, pour toi, je suis sortie de ma réserve habituelle. C’était si dur de n’avoir personne avec qui partager ma peine, et  de pleurer, seule devant la télé.  Je voulais, moi aussi, faire quelque chose pour toi, avant que l’on t’emmène à tout jamais dans ta lointaine et dernière demeure. Peut-être aussi que ce message d’adieu mettra un peu de baume au cœur à ceux qui le liront, et qu’ils se sentiront moins seuls pour un moment. C’était mon seul credo et je remercie info-chalon.com de me l’avoir proposé. »

                                                                                                   Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                                  poiriault.michel@wanadoo.fr

 

 

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