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N'inversons pas les rôles ni les responsabilités !

L'édito du jour d'info-chalon.com

Le vilain petit Canard localement, nationalement ou internationalement devient systématiquement la méchante presse, le journaliste qui se permet de divulguer certaines informations à un moment inopportun... mais inopportun pour qui ? Pour celui ou celle au centre de l'article ou celui ou celle à l'origine de l'article ? Soudainement, la classe politique fait mine de s'offusquer sur la manière dont les journalistes récupèrent certaines informations jusqu'à leur demander de donner les noms de leurs sources. Mais où va-t-on ? N'inversons pas les rôles ni les responsabilités !

Oui le propre du journaliste est de donner de l'information au moment qu'il lui semble le plus opportun et bien souvent, "trop" souvent, cette même information émane du politique en personne. Nous accuser systématiquement de faire le jeu de la petite phrase ou du bon mot permet d'oublier en quelque sorte l'origine première de celui qui a prononcé cette petite phrase. Bien évidemment qu'il est tellement facile de prononcer la fameuse petite phrase devant une salle pleine, s'adressant à des sympathisants d'ores et déjà conquis... mais de crier au scandale dès lors que ces propos sont publiés au grand jour le lendemain dans la presse. 

Dans l'affaire Fillon, qui a parlé de ses enfants "rémunérés en qualité d'avocats" ? qui a parlé "d'un seul compte bancaire au Crédit Agricole de Sablé sur Sarthe" ? C'est François Fillon en personne, sans même qu'un seul journaliste n'ait posé la question d'ailleurs. Que les journalistes viennent à vérifier les propos tenus ... il n'y a rien de plus légitime et de plus professionnel et ce d'autant plus lorsque la personne en question brigue un mandat présidentiel. 

Que certains politiques de droite s'offusquent de "l'acharnement médiatique" sur leur candidat, que disaient-ils sur l'Affaire Thévenoud, qui rappelons-le, n'a jamais été jugé devant un tribunal ? Evidemment le parfum du scandale relayé par la presse est toujours meilleur lorsqu'il tombe dans le camp adverse. 

"Entreprise de démolition", "officine", "balance", "acharnement médiatique", les termes ne manquent pas ces derniers jours pour qualifier le travail des journalistes qui n'ont fait que vérifier  les propos tenus quelques minutes plus tôt. Et oui, les "Politiques", le monde a changé, tout le monde est quelque peu journaliste à sa façon, tout le monde est en capacité de voir les errements de la classe politique, de relever que les donneurs de leçons sont les premiers à mettre le doigt dans le pot de confiture, de constater que celui qui donne des leçons de conduite est le premier à se stationner en dehors des clous... la réalité est là et nul part ailleurs. Est ce de l'acharnement médiatique que de pointer les comportements à géométrie variable de cette classe politique qui se positionne sans cesse au dessus de tous et qui profite de la moindre occasion pour donner des leçons de morale sans oublier des leçons de bonne gestion. 

Pire maintenant, on en est à accuser la presse à faire le jeu du populisme et des extrêmes, mais disons le franchement Messieurs, Dames, les principaux responsables du populisme à l'échelle mondiale, c'est vous même ! A chacun d'assumer sa responsabilité plutôt que de chercher vainement un bouc émissaire toujours facilement identifiable comme étant celui de la fameuse "officine". De gauche comme droite, de l'extrême droite à l'extrême gauche, de François Fillon à Marine Le Pen, de Donald Trump à François Hollande, au moins, vous avez trouvé un terrain d'accord pour dénommer votre ennemi commun.. 

Oui, y'a le feu, oui y'a péril en la demeure.. mais ne nous trompons pas de cible, il n'y a aucune démocratie forte sans une presse forte, elle en constitue d'ailleurs son principal rempart !

Laurent Guillaumé

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