Chalon sur Saône

Espace Jean Zay de Chalon-sur-Saône : une table-ronde consacrée aux nouvelles ressources financières des associations

Ce jeudi 19 novembre, les associations avaient autre chose à faire que fêter l’arrivée du Beaujolais nouveau. En effet, celles-ci assistaient à une table-ronde à l’espace Jean Zay, organisée par Active et la Macif, sur les nouvelles pistes de financement s’offrant à elle, dans un contexte de baisse généralisée des subventions publiques. Le point d’Info-Chalon.

Ce n’est pas un scoop, confrontées à la baisse des subventions publiques, notamment à Chalon-sur-Saône, où la municipalité a décidé en fin d’année dernière d’une diminution conséquent de celles-ci, les associations ne sont pas sans connaître de sérieuses difficultés de financement. Des difficultés qui, de plus en plus remettent en cause jusqu’à leurs modèles économiques. Des modèles économiques d’autant plus fragilisés que, dans le même temps, les associations ne cessent d’être sollicitées pour satisfaire des besoins toujours croissants des populations qui les contactent.

Est-ce en raison de ces difficultés de financement que la salle était pleine à craquer, hier soir, à l’Espace Jean Zay, lors de la table-ronde qui réunissait plusieurs intervenants invités à présenter de nouvelles pistes de financement pour les associations ? C’est plus que possible. Dans tous les cas, les associatifs étaient de sortie, l’oreille dressée, pour écouter Céline Lauvergnier (Active), Sylvie Torrès (vice-présidente d’Active), François Colas (Délégué national Macif) et Jean-Pierre Meneghel (Fondation Macif). Retour sur une soirée riche en informations et en échanges.

« Confrontées à une logique de changement, à une diminution de la part des financements publics, les associations doivent trouver de nouveaux financements »

Après les salutations et présentations d’usage et une fois l’absence de la représentante de la DRAC excusée, les membres d’Active, une structure bien connue des Chalonnais, spécialisée dans l’accompagnement (efficace) de projets associatifs ou entrepreneuriaux, ont clairement posé les difficultés rencontrées par les associations aujourd’hui : « Confrontées à une logique de changement, à une diminution de la part des financements publics, les associations doivent trouver de nouveaux financements. »

Ce constat fait, Céline Lauvergnier s’est alors employée à esquisser d’autres pistes de financement que publiques : le mécénat (d’entreprise) puis, à travers Graines de Start (un site d’Active*), le financement participatif.

Des pistes qui ont suscité de nombreuses questions de la part de l’assistance. Des questions qui, en creux, n’étaient pas sans souligner les (nombreux) écueils administratifs auxquels doivent faire face les associatifs : l’impossibilité d’obtenir un renseignement de la part d’un fonctionnaire (« pas moyen d’avoir quelqu’un à la préfecture », a souligné une intervenante), la longueur des délais pour obtenir un agrément auprès de l’administration fiscale, la difficulté de remplir toutes les conditions pour obtenir un agrément. Des questions qui, aussi, montraient une réelle et bonne volonté des participants pour trouver de nouvelles mannes financières, aussi bien auprès des entreprises que d’autres organismes non publics.

« Lorsqu’une entreprise crée une fondation, c’est pour éviter que les moyens financiers qu’elle souhaite mettre à dispositions partent dans la tuyauterie de l’administration fiscale »

Si, hier soir, ce n’était pas, en tant que tel, la « fête » de l’administration fiscale, celle-ci n’en a pas moins fait l’objet de critiques. D’abord, on l’a dit, pour ce qui concerne l’obtention, par les associations, d’agréments souvent décisifs, ces derniers leur permettant d’émettre de façon régulière des reçus fiscaux à destination des entreprises ou particuliers, c’est-à-dire un « droit » à déduction fiscale venant diminuer le montant de l’impôt sur les sociétés (pour les entreprises) ou de l’impôt sur le revenu (pour les particuliers), bref de faciliter les dons.

Ceci étant, l’administration fiscale a également fait l’objet de critiques à propos d’un autre sujet : l’utilisation des fonds que celle-ci collecte auprès de tout un chacun. En effet, en déclarant que « lorsqu’une entreprise crée une fondation, c’est pour éviter que les moyens financiers qu’elle souhaite mettre à disposition partent dans la tuyauterie de l’administration fiscale », l’un des intervenants à la tribune (Jean-Pierre Meneghel) ne sous-entendait-il pas, tout en soulignant que les entreprises sont prêtes à soutenir et encourager des projets qui profitent à l’ensemble de la collectivité, que l’argent qu’elles versent chaque année au fisc n’est pas toujours bien employé ?

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : les entreprises, que ce soit de façon directe (« mécénat direct ») ou indirecte (par le biais d’une fondation, ce que l’on appelle le « mécénat indirect »), semblent bel et bien constituer une « nouvelle » source de financement, ces dernières paraissant disposées, et depuis longtemps à en juger par la date de création de structures liées à la Macif, à financer les associations et, de ce fait, à prendre part aux initiatives qu’elles portent.

 

P.R.

 

*Voir le site en question :

http://grainesdestart.fr/

 

Pour contacter Active :

12 D, rue du Général Leclerc,

71 100 Chalon-sur-Saône

03.85.90.05.50

active@eco-solidaire71.org

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