Cinéma

Deux acteurs Bourguignons à l’Axel à Chalon pour « Rester vertical »

« Avec deux gars de la Bourgogne, c’est le circuit court du cinéma ! » : Damien Bonnard, originaire du Tournugeois, et Raphaël Thiery, habitant Anost dans le Morvan, sont venus parler de « Rester vertical » à l’Axel dans le cadre d’une soirée-débat organisée par La bobine. Retour sur cette soirée.

Alain Guiraudie, réalisateur devenu célèbre avec L’inconnu du lac, est allé à la rencontre de la solitude volontaire, des indésirables loups en Lozère et de la vie, entre rêve et réalité, avec son dernier long métrage : Rester Vertical. Un mélange étonnant où l’on passe de la meute de sdf au loup solitaire et vice et versa… De qui l’homme doit-il avoir le plus peur ? Du loup ? De l’homme ? De lui-même ? Pour aider les spectateurs de La bobine a mieux décrypter ce film dans lequel ils sont acteurs principaux, Damien Bonnard et Raphaël Thiery, Bourguignons de naissance et de cœur, ont répondu présents pour la projection du 7 novembre dernier à l’Axel de Chalon.

Damien Bonnard, qui a grandi dans le Tournugeois, est passé par l’Ecole Média Art de la rue Fructidor à Chalon avant de voler de film en film. L’acteur Saône-et-Loirien sera prochainement visible dans 9 doigts, de François-Jacques Ossang, et a récemment travaillé avec Christopher Nolan (Dunkerque, à venir en 2017), Pierre Salvadori (Remise de peine, aux côtés d’Adèle Haenel et d’Audrey Tautou, en tournage à la mi-novembre) ou encore Roman Polanski.

 

Raphaël Thiery est musicien, compteur et comédien dans la compagnie de théâtre L’estaminet rouge. Il a participé aux Musicaves de Givry et a fait de nombreuses scènes internationales. Né en Côte d’Or, il a élu domicile à Anost, village du Morvan qu’il ne souhaite plus quitter. Il travaille actuellement sur deux nouvelles créations théâtrales et se produira prochainement dans un spectacle en solo. Avec Rester vertical, il met les pieds pour la première fois dans le monde du cinéma. Et cette première l’a emmené jusqu’au Palais des festivals à Cannes.

 

Les deux acteurs expliquent comment ils ont vécu cette aventure dans laquelle les a entrainé Alain Guiraudie. Entre un réalisateur qui « aime prendre le temps » dans ce qu’il fait et la nécessaire disponibilité des paysans chez qui ils jouaient, le tournage s’est déroulé sur deux mois et demi ; « ce qui est relativement long pour un film », précise Damien. « Les acteurs étaient très liés pendant le tournage, et les membres de l’équipe étaient plein de douceur et de bienveillance », ce qui a grandement facilité les choses pour certaines scènes pas nécessairement faciles à tourner.

 

« Ce qui m’a intéressé, c’est la solitude. Vivant à Anost, le personnage de Jean-Louis j’ai l’impression de le croiser tous les jours près de chez moi. C’est un taiseux, il dit beaucoup avec peu de mots. Il va à l’essentiel », explique Raphaël.

 

Ceux qui n’avaient pas vu le film avant la projection officielle de Cannes sont venus en parler ‘‘à domicile’’ dans la grande salle de l’Axel où quelques sièges attendaient famille et amis. « Ce film, c’est ce qu’on est dans notre relation primaire au monde », a présenté Damien avant projection, en souhaitant un « bon voyage » aux spectateurs.

 

Et le voyage fut mouvementé : entre rencontres et solitudes, indépendance et besoin des autres, fuites et retours, désirs et rejets, entre ville et campagne, humains et animaux, des tours et détours ont permis de mettre l’accent sur différentes facettes de l’âme humaine… qui peut parfois se révéler animale.

 

M.B.

 

 

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