Chalon sur Saône

Qu'il est plausible, "Le mensonge", lorsqu'il est incarné par Pierre Arditi et Evelyne Bouix !

Pour sûr, Les Théâtrales 2016-2017 de Pascal Legros Productions –encore un très grand cru qui s’annonce- n’auront pas mis longtemps à trouver la bonne carburation. Mercredi soir la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône a été prise d’assaut, signe tangible de la respectabilité d’un événement tronçonné en six épisodes étalés jusqu’au 12 avril prochain. Et aussi en raison du charisme dégagé par les talentueux Pierre Arditi-Evelyne Bouix, dont le centre de gravité a eu pour nom « Le mensonge ».

Le semblant d’adultère fait des vagues…

Rien qu’avec ce titre, subodorait-on des positionnements inextricables à même de mettre la puce à l’oreille. Force est de constater que la pièce a tenu toutes ses promesses, les arcanes de la menterie tous azimuts étant érigés à la hauteur d’une institution. Les tours de passe-passe ont approvisionné le jeu de dupes, laissant une large place aux renversements de situation, et au suspense qui prenait un malin plaisir à brouiller les pistes. Alice (Evelyne Bouix) s‘est offusquée du comportement de Michel (Jean-Michel Dupuis), meilleur ami de son mari Paul (Pierre Arditi), surpris en flagrant délit de libertinage car embrassant une femme, laquelle n’était pas sa légitime…Or, cette dernière, Laurence (Sylvie Flepp) est l’une des relations privilégiées d’Alice…Ce sera la pierre d’achoppement d’une ribambelle de compromis, d’angles arrondis et d’yeux fermés sur un sentimentalisme en pleine déviance…Bon prince, Paul n'est pas du genre à ajouter du mal au mal : « Je tombe des nues, en même temps ça ne me regarde pas. C’est parce qu’elle est ton amie que tu ne dois rien lui dire», ce qui n’a pas eu l’heur de convaincre son épouse. Un dîner réunissant les quatre protagonistes tombait alors comme un cheveu sur la soupe, avec un niveau de tension extrême. D’où un règlement de comptes a posteriori, Paul reprochant à son Alice d’épouse le caractère odieux de son attitude. «Je ne supporte pas le mensonge, ça me rend agressive », lui a-t-elle rétorqué. Ce à quoi le mari, pragmatique, devait répondre en déployant des trésors d’énergie pour imposer son point de vue. « Dans certains cas, mentir peut être une preuve d’amour, et être une façon d’épargner les autres. Si tout le monde se disait la vérité, il n’y aurait plus aucun couple sur Terre ! » Simple question de savoir-vivre et de délicatesse…

 

Le goût du secret

A force d’effectuer d’incessants allers-retours sur les dommages collatéraux des écarts de conduite, Alice parvient à soutirer un aveu, plutôt vague, sur une aventure récente qu’aurait eue son compagnon. La passade a eu le don d’exaspérer la victime et de lui faire quitter le domicile familial. A son retour, Paul est revenu sur ses propos en minimisant son moment de faiblesse. C’est alors qu’elle prend au dépourvu son mari en lui révélant que ça lui était arrivé d’avoir une liaison extraconjugale…Qui plus est, avec Michel, le vieux pote de Paul, le présumé fautif affirmant le contraire. Dans ce méli-mélo de cocuage aux ramifications souterraines, Alice finit par affirmer qu’elle a tout inventé. Cela aurait pu en rester là avec une égalité parfaite. Il n’y a cependant jamais de fumée sans feu…Ces manipulations mentales et ces dénis ont été les signaux d’alerte de quelque chose d’irréfutable à la fin de la comédie : Paul et Laurence entretenaient des rapports amoureux, tandis qu’Alice et Michel mangeaient également de ce pain-là…Comme quoi…

                                                                                  Michel Poiriault

                                                                                  poiriault.michel@wanadoo.fr

 

 

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