Chalon sur Saône

Projet d’implantation d’un H&M à Chalon sur Saône - Quand des commerçants du centre ville montent au créneau...

Le projet d’implantation d’un H&M sur la place général de Gaulle à Chalon ne laisse pas indifférent. C’est le moins que l’on puisse dire... Il y a les contre, comme les membres du Collectif chalonnais pour un urbanisme respectable, qui disent qu’il est hors de question de dénaturer le centre ville et qui se félicitent d’avoir obtenu d’ores et déjà plus de 1 600 signatures en quelques semaines. Et puis il y a les pour, telle que la douzaine de commerçants du centre ville conviée au point presse, organisé mercredi en fin de matinée par Gilles Platret dans le salon des maires de l’hôtel de ville.

Avant de laisser la parole aux commerçants, le maire de Chalon, qui avait à ses côtés Joël Lefèvre, adjoint chargé de la gestion de l’espace public, et Sophie Landrot, adjointe en charge du commerce et de l’animation de la ville, a déclaré qu’il entendait « dépolitiser le dossier en le remettant sur ses pieds et que ses pieds étaient l’attractivité commerciale ». Et de rappeler que les villes moyennes de la taille de Chalon subissent une désaffection de leur centre ville, parce que les enseignes porteuses n’ont cessé au fil des années de s’installer en zone périphérique. De rappeler aussi que les municipalités précédentes ont essayé en vain d’attirer des « locomotives » au centre ville. Michel Allex ayant même envisagé une urbanisation partielle de la place général de Gaulle.

La place général de Gaulle ou pas du tout...

 
Dans son préambule Gilles Platret a redit que la place général de Gaulle était « un lieu de passage de flux de clientèle » et que H&M, qui a fait le choix de s’implanter dans des villes moyennes, souhaitait s’établir sur une zone attirant les flux de clientèle. A ce propos le maire de Chalon a été catégorique : H&M ne s’installera pas ailleurs que sur la place général de Gaulle. Ne manquant pas de préciser que l’enseigne suédoise de prêt-à-porter avait étudié plusieurs autres sites, tels que l’ancien cinéma Vox ou la Poste, mais qu’ils ne correspondaient pas à son cahier des charges. « Cette implantation va nous permettre de repenser la logique urbaine de Chalon » a encore indiqué Gilles Platret.


« Pas eu une belle enseigne depuis plus de 15 ans »


Après qu’Yves Toitot (« Carat d’Or » « Pandora ») eut estimé qu’«une enseigne de forte notoriété, c’est toujours un plus », Olivier Travaillot (« Le bar à jeans ») a confié « Il nous faut une vraie attractivité et il n’y a qu’une seule solution pour relever la tête, c’est l’arrivée d’une locomotive. Nous n’avons pas eu une belle enseigne depuis plus de 15 ans. Les familles doivent revenir dans nos commerces. Il n’est pas normal que des gens fassent des kilomètres pour aller dépenser leur argent ailleurs. Ça va leur donner envie de revenir à Chalon. Tout le monde va en bénéficier, c’est certain. L’attractivité ne peut pas se faire qu’avec seulement des commerçants indépendants ».
 Cécile Ortéga, qui tient deux maroquineries Grande Rue, a fait remarquer « Depuis 18 ans on a constaté une perte de clientèle au fil des années. Il faut amener quelque chose de nouveau, des enseignes que l’on ne voit pas ailleurs. Si on n’essaie pas, on ne fera jamais rien ». Pour sa part Jaime Da Costa (« Cha’lon Bar ») a affirmé « On a besoin de codes d’appel comme H&M. Il faut fixer notre population « jeunes ». Comment fait-on pour enrayer l’hémorragie de flux du centre ville ? Des commerces s’installent mais les pas-de-porte ont du mal à être repris. La seule crainte, c’est que si ça ne marche pas H&M s’en aille ». Avant de poursuivre « Je ne veux plus entendre que les commerçants du centre ville ne veulent pas d’un H&M. Moi je voudrais bien qu’on me dise s’ils trouvent joli ce parking à bagnoles. Historiquement il y a toujours eu un bâtiment sur cette place ».


« Chalon, c’est une marque »

Autre intervenant Jérôme Sarrazin, le directeur des Galeries Lafayette. « Je suis toujours favorable à l’implantation d’un commerce à forte notoriété. Mon concurrent à moi, ce n’est pas un H&M à Chalon mais c’est la Part-Dieu à Lyon ou la Toison d’Or à Dijon. Les marques, c’est très important. Chalon, c’est une marque et il faut quelques pépites qui brillent ».
Gilles Platret est aussi revenu sur certains reproches qui lui étaient faits. Et plus particulièrement sur la manière de faire et le soi-disant manque de concertation. « Le projet est porté depuis juillet 2015. Une enquête publique a été ouverte et même prolongée. Les riverains ont été consultés, le comité de quartier aussi. Il y a eu une délibération au Conseil municipal. On peut toujours trouver que c’est violent. Mais quand on a une hémorragie, on la stoppe ». Le maire de Chalon s’en est pris également à ces « opposants professionnels » en faisant observer « Ce projet est stratégique pour Chalon et pour le commerce de notre ville. Prenons garde à tous ces professionnels qui veulent empêcher tout projet ». Faisant allusion au recours déposé devant le tribunal administratif de Dijon.

Gabriel-Henri THEULOT

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