Chalon sur Saône

Du hip hop à la maison de retraite La Girandière à Chalon-sur-Saône !

On ne comptait plus les "oh" de surprise et d'émerveillement. "Ça nous rajeunit. Là, c'est du tonnerre !" s'est exclamée une résidente. Une rencontre placée sous le signe de l'émotion et où le rire s'est invité. Extraits de réflexions bien senties...

Une dizaine de danseurs hip hop du Conservatoire du Grand Chalon, âgés de 15 à 20 ans, ont rendu visite, ce mercredi 17 mai, aux résidents de la maison de retraite La Girandière située 21, avenue Victor Hugo à Chalon-sur-Saône. Accompagnés de leur professeur Jérémy Pirello, les élèves du Conservatoire ont dansé devant ce public subjugué par leurs prouesses techniques.

"Ils sont tout désarticulés" lance un résident avant de déclencher un fou rire général. La danse a ensuite laissé place à un échange intergénérationnel enrichissant pour tous les participants et fort en émotion. L’évocation de la Seconde Guerre Mondiale a pris une place importante dans les discussions. Jacqueline qui aura 100 ans en juillet prochain, a expliqué qu'elle avait appris à danser quand les américains ont débarqué : "C'était la joie ! [...] J'ai même fait un tour de jeep avec eux jusqu'aux Champs Elysées", d’où nouvelle salve de rires suscitée par ce souvenir...

Jérémy Pirello a pris la parole pour expliquer aux spectateurs les origines du hip hop, en bon animateur de la rencontre et, attentif et bienveillant, il a interrogé les résidents sur les danses de leur époque. Au tableau d'honneur : les danses de salon, bien sûr, mais il a été également question de la bourrée et du quadrille. "Si vous ne savez pas ce que c'est, cherchez sur internet" a lancé une résidente bien branchée ! S’en est suivi un échange sur les artistes d'hier et d'aujourd'hui et force fut de constater que tous avaient une très bonne connaissance du sujet. "Moi, j'aime M. Pokora" a ajouté une résidente, "enfin, il a un peu trop de tatouages à mon goût mais habillé, il est très bien!". Une réflexion qui a, une fois de plus, provoqué l'hilarité générale. 

"Pas trop dur d'être la seule fille du groupe ?" ont interrogé les résidents... "En 3ème cycle, nous sommes deux filles. Le hip hop, c'est réellement ma passion donc peu importe qui m'entoure, mais j'ai mis longtemps à les apprivoiser" a répondu Léa. Il est vrai que le hip hop est la seule discipline de danse où il y a plus de garçons (70 %) que de filles, a rappelé Jérémy Pirello, avant de poursuivre "Le CRR* est le seul conservatoire à avoir cette discipline enseignée en son sein et ce depuis 2012. Nous avons donc été précurseurs en France. Aujourd'hui, ce sont 92 danseurs hip hop qui y sont inscrits. Ce qui est intéressant, c'est que le Conservatoire du Grand Chalon favorise les transversalités : Sasha, par exemple, bénéficie d'un double cursus : hip hop et danse contemporaine". En face de Jacqueline, bientôt centenaire, se dresse Théo, son petit-fils, dont elle est fière et qui a commencé le hip hop très jeune. 

Ces échanges se sont poursuivis autour d'un goûter pris en commun. "On a peu d'occasions de vivre pareilles rencontres !", a conclu l'un des résidents, satisfait d'avoir passé un après-midi exceptionnel en compagnie des jeunes danseurs du Conservatoire.

* Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Chalon

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