Chalon sur Saône

Les lecteurs sont venus à la rencontre de Louis Alain Dalery

Il a fait l'ascension du Mont-Blanc et sauté dans le vide sans parachute à la Légion où le jeu était de s’accrocher à un autre collègue... L'auteur givrotin, qui fourmille d'anecdotes sur sa vie, toutes aussi passionnantes les unes que les autres, était présent à la librairie Gibert Joseph à Chalon-sur-Saône afin de rencontrer ses lecteurs et dédicacer 'Notre pain quotidien' et 'Mercurey Saint Vincent 2017'. Rencontre...

"Je suis né à Champforgeuil, dans une famille de petits paysans qui vit alors ses dernières années sous statut de la terre, en raison de l’exode rural d’après guerre, consécutif à l’extinction de la micro propriété. C’est dans les dernières semaines de cet été 1947, qui n’en finissait pas d’être beau, que mes parents accueillaient le n°3 ; une sœur et un frère m’ayant précédés. La ferme datant du XVIe siècle, va être à l’origine d’un de mes derniers ouvrages “Notre pain quotidien“ car elle possédait l’un des plus vieux fours à pain de Bourgogne. Le féroce hiver 1956, avait conduit à sa remise en service, car les boulangers n’étaient plus ravitaillés en farine", nous explique Louis Alain Dalery. Depuis 1978, l'auteur prolifique réside à Givry, rue de l’Orcène au hameau de Poncey.

Comment passe-t-on de chef d'entreprise à auteur historien ?

Ma vie entière aura été une succession de défis en menant souvent deux ou trois choses en même temps de front. Ce fut le cas pour mes études durant lesquelles, parallèlement au parcours classique du bac suivi d’une bifurcation vers la mécanique, s’est ajoutée une autre voie, celle de la littérature et de la poésie à l’école des Sciences et Arts de Paris. Mais impossible d’être aux deux endroits en même temps. J’ai donc travaillé par correspondance et choisi les périodes de vacances pour me rendre à Paris et faire les corrections. Ceci pendant plus de dix ans, en chevauchement avec ma vie professionnelle. Entre-temps, mon choix professionnel s’est fixé sur la mécanique de haute précision car, concrètement, c’était le moyen de gagner ma vie rapidement. Après une immersion dans le monde de l’entreprise, j’ai créée la mienne en 1978.

Vous vous êtes intéressé à l'histoire de l'écriture. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet ?

Je m’y suis intéressé lorsque l'heure de la retraite a sonné, et elle a sonné brutalement car ma mère est décédée durant cette période. C’est là, dans la grande bibliothèque familiale, que ma mère avait créé une véritable mémoire de famille, en conservant les documents de ses cinq enfants. J’ai retrouvé ainsi des écrits des années soixante, mais plus encore des documents qui seront à l’origine de “Naissance et histoire de l’écriture“. En effet, à 19 ans j’ai décidé de partir à l’armée faire mon service militaire. Je suis alors muté en Algérie à la base aérienne de Bou Sfer Aïn el Turk, sous commandement de la Légion Etrangère, puis dans le sud algérien. Là, j’ai rencontré des jeunes qui n’avaient pas fait d’études et parlaient très mal. Après autorisation du Commandant de base, j’ai créé une section pour enseigner le français. À cette section se sont ajoutés de nombreux légionnaires étrangers de toutes nationalités. Dans le sud saharien, des musulmans employés à dessabler les pistes, m’ont un jour invité pour une fête dans leur tribu. Mais l’indépendance a fait son chemin et le français n’ était plus enseigné. J’ai alors décidé de donner des cours aux enfants touaregs, lesquels en échange m’enseignent leur propre langue, le tiffinagh. C’est ainsi que d’une tribu à l’autre, je me suis plus ou moins familiarisé avec cette langue, mais aussi avec de nombreux dialectes comme le thamoudéen, l’azéen, le safaïtique, le tigré, l’oromo, le guèze, l’himiarythe, le dévanite etc. Ce sont tous ces documents que j’ai retrouvés en 2006 dans la bibliothèque familiale, lors du décès de ma mère. Comme je suis sensible aux coïncidences, j’ai interprété la chose comme un signe du destin, comme un appel. Et en 2007, j’ai entrepris de recenser toutes les écritures sahariennes lesquelles, par extension, s’étendront à toutes les écritures du monde, pour constituer le livre ainsi cité des écritures qui me prendra 7 années de travail intense. Ce livre, comme celui d’Oradour sur Glane, est représentatif de la force et de la conviction qui m’ont toujours guidé.

Curiosité, vous êtes également l'auteur de Floupy le renard. Pouvez-vous me dire comment est née l'envie d'écrire cette histoire ?

Floupy le renard, conte pour enfants, est venu par mes petites-filles qui m’ont dit un jour “Papy, tu fais rien que pour les grands, mais pas pour nous“. Et le dialogue s’est engagé sur une histoire de renard, “mais pas un renard qui mange les poules Papy, un renard qui joue avec les poules“. Et le renard dansa avec les poules pour leur plus grand plaisir. 

Ayant été adhérent de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon, Louis Alain Dalery est également auteur d'Il était autrefois Chalon, composé de 3 tomes. À découvrir absolument...

Louis Alain Dalery sera présent à la fête des fours à pain de Chaudenay, dimanche 18 juin, pour dédicacer en particulier l'ouvrage "Notre pain quotidien".

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