Chalon sur Saône

Rassemblement en faveur des migrants à Chalon sur Saône : « Qui a un ancêtre étranger, immigré ? »

Et les mains se lèvent… évidemment. Plus de 200 personnes se sont massées ce matin à 11 heures devant l’hôtel de ville de Chalon, à l’appel d’un comité inter-associatif mené par la Ligue des Droits de l’Homme, pour signifier publiquement leur désaccord total au rassemblement organisé ce même jour par le Parti de France, parti d’extrême droite qui milite radicalement contre « l’invasion des migrants ».

Tout est centré sur le rachat par l’Etat d’un hôtel F1 à Chalon sur Saône, comme dans plusieurs villes de France. L’Etat transforme la destination des bâtiments qui deviennent petit à petit des centres d’hébergement pour des demandeurs d’asile, et ADOMA en assure la gestion et le fonctionnement. Gilles Platret, maire de Chalon, s’est fendu d’une mise en demeure sur des fondements juridiques mais lui a conjointement donné une publicité qui bien sûr a favorisé des éruptions réactives, « le jeu de la municipalité n’est pas clair », dit Pierre Libaroni, délégué LDH Bourgogne. Le Parti de France, qui se nourrit essentiellement d’un nationalisme fondé sur le rejet de tout ce qui n’est pas lui, l’avait précédé de 3 jours.

En l’absence de son président de section, c’est Mourad Laoues qui prend la parole pour la LDH de Chalon : « Contrairement à d’autres, nous faisons honneur à la République en défendant les droits humains les plus fondamentaux, et le droit d’asile, qui est inscrit dans la Constitution. » Danièle Frantz lui succède, pour la section de Mâcon, elle rappelle la situation critique des familles qui ont échoué sur un parking du centre-ville, privées de toilettes et d’accès à l’eau courante depuis le 27 juillet dernier, sur ordre de la Préfecture. Les représentants de l’Etat en Saône-et-Loire ont aussi demandé instamment aux bénévoles qui aident et accompagnent ces familles, de limiter leur aide… à de l’eau et de la nourriture, pas davantage. Le 31 juillet, le Conseil d’Etat a pourtant établi, concernant les migrants à Calais, que ces privations « entraînent une carence de nature à exposer ces personnes (…) à des traitements inhumains et dégradants, portant une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. »

Annick Berthier, vice-présidente d’Emmaüs France, rappelle la règle de l’accueil inconditionnel de tous ceux qui n’ont plus rien ou presque, et qui demande « qui a des ancêtres immigrés, étrangers ? », soit la majorité d’entre nous, toutes origines confondues.

Le rassemblement s’est clos sur une minute de silence à la mémoire de tous ceux qui ont péri en essayant de trouver un abri.

 

FSA

 

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