Chalon sur Saône

Il percute une voiture avenue Kennedy à Chalon sur Saône... il termine au tribunal

Hier matin entre 6 et 7 heures, une collision entre une Polo Volkswagen et une 206 Peugeot à l’angle de l’avenue Kennedy et la rue de Novara à Chalon-sur-Saône a fait 2 blessés : une mère et son fils. Aujourd’hui ils sont au TGI, blancs comme des linges, portant minerves et attelles. Dans le box, le conducteur de la Polo, Christophe X., 46 ans.

Hier matin le fils allait prendre un bus pour aller vendanger, sa mère l’accompagnait. Aujourd’hui ils ont chacun quelques jours d’interruption temporaire de travail, et les jours de  paie sont perdus. Hier matin, Christophe X avait une alcoolémie à taux montant : 1,38 mg/litre d’air, puis 1.42 mg au second souffle. Son corps a mis plus de 12 heures à évacuer tout ça. La police n’a pu l’entendre qu’hier soir. Aujourd’hui il comparaît sous escorte, tout gris d’alcoolisation et de tabagisme.

La veille au soir, Christophe est resté chez lui. Il a divorcé, il vit seul. Il a bu devant sa télé, jusqu’à 4 heures du matin, puis il s’est assoupi 2 heures et est sorti tôt pour aller acheter des cigarettes. Il remontait l’avenue Kennedy et a voulu tourner à gauche, il a grillé la priorité à la 206 qui arrivait de Crissey, choc. Les deux passagers de la 206 sont choqués, mais le fils croit sentir une odeur de brûlé et crie à sa mère de vite évacuer le véhicule, celle-ci obéit mais se met au sol, trop faible pour tenir sur ses jambes.

Christophe n’avait pas conscience d’être imbibé à ce point, car Christophe est alcoolique. Il a fait 3 cures déjà, en 2009, en 2014, et tout récemment, en juin dernier : 4 semaines à Dijon. Il pense avoir rechuté à cause de douleurs au dos, qui viennent s’ajouter à celle qu’il a dans une jambe. Un accident du travail en 1995 le met en invalidité. Il bossait quand même mais son état se dégrade et il va falloir l’opérer à nouveau. « Ça me travaille beaucoup ». La médecine du travail ne veut pas qu’il travaille debout, et l’usine ou l’industrie qui l’employait ne peut pas, ou ne veut pas, croit-il, aménager son poste, résultat il va perdre son activité professionnelle, et alors il glisse, et il boit, tout seul, devant sa télé, la nuit. Et voilà.

« Affaire tristement commune », commence la procureur, « conduite criminelle ». Le ministère public déplore que les réponses de monsieur X aux questions qui lui sont posées soient si pauvres, rudimentaires, et requiert 6 mois de prison ferme avec mandat de dépôt, et 6 mois avec sursis et un suivi mise à l’épreuve. Maître Diry rappelle au tribunal qu’un homme qui sort de garde à vue n’a eu ni le temps ni les moyens de se poser pour élaborer une réflexion quelconque. « Et puis une consommation d’alcool comme la sienne peut provoquer des troubles de mémoire, et à cette heure il reste fixé sur l’accident d’hier. » Christophe X le regrette, bien sûr, cet accident. Enfermé dans sa bulle et shooté au rosé, il n’avait évidemment nulle intention de nuire, mais « les faits sont là », répète-t-il. Son avocat observe que vu « la désocialisation progressive lié à la perte d’emploi » que vit (mal) son client, « le chemin de la prison » ne peut qu’aggraver les choses, voire les accélérer.

Décision : le tribunal condamne Christophe X à 12 mois de prison dont 6 mois avec sursis et à une mise à l’épreuve de 2 ans. Il ne décerne pas de mandat de dépôt, mais la mise à l’épreuve commence dès maintenant. Obligations de soins, permis de conduire annulé (attendre 1 an avant de pouvoir le repasser), 2 amendes de 100 €. L’indemnisation des victimes est renvoyée en janvier : le temps de voir comment ça se passe pour elles, et quels frais sont engagés.

 

FSA

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