Chalon sur Saône

De l'écran à la scène, le youtubeur Pierre Croce franchira allègrement le pas à Chalon le 9 novembre

Sur scène ou sur le Web son combat reste le même : prioriser la souveraineté du rire. Dans son spectacle PowerPoint Comedy, l'humoriste Pierre Croce, qui comptabilise sur sa chaîne YouTube un million d'abonnés, plus de 22 millions de vues mensuellement parlant, et totalise à ce jour 220 millions de vues -excusez du peu!- abordera frontalement les diverses facettes de son sujet le jeudi 9 novembre à 20h30 en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône. Il reste des places. Interview pour info-chalon.com

 

Le web, une école de la vie ?

«Le Web, ça a une importance depuis assez longtemps maintenant, j’en fais depuis 2007. J’ai toujours évolué sur le Web et appris pas mal, c’est forcément une bonne école, parce qu’on a des retours directs des gens, on a des commentaires parfois négatifs qui vous apprennent des choses. Ca forge un style on va dire, c’est-à-dire s’exprimer, savoir ce que les gens préfèrent chez nous. On a tendance à quand même assez vite corriger quand on passe dans le Web. »

 

Est-ce l’arme fatale, le PowerPoint ?

«Ca a toujours été mon concept sur scène. J’ai commencé avec ça et je l’ai toujours, en vidéo un peu moins. J’ai fait beaucoup de vidéos avec le PowerPoint, mais je ne voulais pas non plus être classé comme l’homme au PowerPoint, alors j’ai essayé de me détacher un peu de ça en vidéo. C’est mon allié, c’est avec lui que je fais tout, après ce n’est pas l’ensemble d’une carrière que je base dessus. »

 

Partir de sa propre expérience et la détourner pour susciter le rire, cela est-il très rapidement tombé sous le sens ?

« Non, pas vraiment, au début je n’avais pas forcément envie de raconter des choses personnelles. Dans mes premiers sketches, que ce soit sur scène ou en vidéo ce n’était pas nécessairement inspiré de ce qui m’était arrivé dans la vie, par contre avec le temps j’ai eu plus envie de raconter des choses perso. Ce n’était pas quelque chose de naturel au départ. »

 

Osciller entre virtualité et réalité, finalement la complémentarité ne doit faire que renforcer votre répertoire ?

« La scène m’a fait beaucoup progresser, parce que pour le coup on comprend très vite si c’est drôle ou pas. On fait une blague, on prend un bide, on en fait une autre, ça marche, on la retente la semaine d’après, ça ne marche plus, on corrige. La scène m’a appris à savoir faire des blagues de manière générale, et du coup, comme je me suis un peu plus porté sur le Web, j’étais confiant, parce que je savais que de par mon expérience sur scène où j'allais, et inversement. Le Web m’a appris un peu le comportement des gens, la façon dont ils aiment qu’on leur parle, etc. Ce ton justement un peu plus naturel que j’ai développé petit à petit. Les deux sont complémentaires. »

 

Quels sont vos rapports avec la scène ?

«C’est ma première passion, c'est-à-dire que j’ai commencé à admirer ce métier-là lorsque j’avais 13-14 ans, avant même la vidéo, parce que quand j'avais 13 ans, les médias sur Internet YouTube, Dailymotion, n'existaient pas encore. J’ai beaucoup consommé, quand j’étais ado, des one-man-show, que ce soit les Nous C Nous avec Bruno Salomone, Jean Dujardin…La mode à ce moment-là c’était Jamel, Eric et Ramzy...Je n'étais pas non plus dans une région où beaucoup de spectacles passaient, mais en revanche dès que je pouvais acheter une cassette, un DVD et découvrir un nouveau spectacle, je le faisais. Les Petites Annonces d'Elie Semoun, les séquences cultes du Morning Live de Michaël Youn, c'étaient un peu des vidéos de référence, mais on ne pensait pas pouvoir faire carrière sur Internet à cette époque-là. »

 

Dans quelle catégorie artistique vous rangez-vous ?

«Globalement : humoriste youtubeur. »

 

Votre trajectoire est-elle celle espérée, et comment voyez-vous l’avenir ?

« On a un rêve étant ado de faire de la scène, d'écrire des choses, et puis à l'âge de 19,20, 21 ans, j'ai découvert Dailymotion en premier, YouTube ensuite. Assez vite, je me rappelle après avoir découvert Dailymotion, m'être dit qu'il y a plein de choses à faire sur ce média-là, parce qu'il y a une liberté, et on peut tout de suite toucher les gens. Quand on rêve de faire ce genre de métier en étant ado, on se dit qu'il faut faire de la télé ou de la radio pour être vu ou entendu par des milliers de personnes. J'ai même cherché un peu à faire ça au début, et plus je me suis spécialisé dans le Web, et plus ma trajectoire de carrière a changé par rapport à ce que je pensais. L'avenir, je continue à le voir sur le Web. Je ne rêve ni de cinéma, ni de radio ni de télé. Je rêve de faire des choses bien sur Internet, de pouvoir continuer à en vivre longtemps, et de pouvoir me dire que comme en télé il y a des gens qui ont fait des carrières de 15-20 ans ou plus. Sur le Web on est les premières générations, mais on a envie d'aller voir si dans dix ans les gens nous regarderont toujours. Quand Dailymotion est arrivé, on a vu d'entrée les premiers buzz avec Rémi Gaillard, etc. On se dit qu'il n'y a pas besoin de tant être connu à Paris et connaître les médias pour être visible. Maintenant, avec ce genre de chose on peut y arriver par nous-même. « 

 

Qui vous enthousiasme chez les humoristes ?

« Je n'ai pas de grosses préférences, à la base j'aime bien le comique assez absurde. Donc j'ai beaucoup aimé il y a quelques années François Rollin, qui a arrêté sa carrière d'humoriste officiellement, mais c'est quelqu'un que j'ai découvert un peu tard. C'est le genre de personnage que j'aimerais développer avec son professeur Rollin qui est quand même très absurde. Pareil, un humoriste comme Ben est quelqu'un qui manie bien l'absurde. Après, j'ai essayé d'ajouter une touche un peu plus grand public, parce que mon analyse de la chose, ça a été de voir que les gens très absurdes n'étaient pas forcément très grand public. Ils parlaient à tout le monde avec cet humour très décalé que les gens ne comprenaient pas forcément. J'ai essayé de faire un mélange des deux à ma sauce, j'ai parfois des phases très absurdes dans mon spectacle, et puis parfois ce sont des phases un peu plus simples en termes d'humour. En ayant évolué sur Internet, je vois ce que les gens comprennent très vite. Il y a des phases où tout le monde va me suivre, et il y a des phases où il n'y a que ceux qui comprennent très bien l'absurde qui vont me suivre. Il faut aussi que je m'amuse, pour que ce ne soit pas que de l'humour très simple, et aussi pour que le public s'amuse bien. »

 

Les renseignements pratiques

Tarifs : 25,00 et 28,00 euros. A Chalon Spectacles : 03.85.46.65.89, spectacles@achalon.com

Propos recueillis par Michel Poiriault

poiriault.michel@wanadoo.fr

 

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