Chalon sur Saône

Va-t-en-guerre contre le politiquement correct, Anne Roumanoff a régalé l'assistance chalonnaise

Avec Anne Roumanoff, mieux vaut ne pas traîner dans les parages de ses domaines d’intervention, et encore moins donner le bâton pour se faire battre. Sans quoi l’expédition punitive est amplement payée de retour…par les rires machinaux et persistants d’un public trop à son affaire après avoir mis les pieds dans le sas de décompression. Ce fut ce cas de figure, jeudi soir à Chalon-sur-Saône dans une salle Marcel-Sembat qui eût mérité un meilleur sort quant à son taux d’occupation.

Une foultitude de rires incontrôlables

Dans son spectacle « Aimez-vous les uns les autres » régulièrement actualisé la dame en rouge a scruté précautionneusement la société en amont pour ensuite la presser comme un citron et en extraire un jus quelque peu acidulé. Et Dieu sait si la société ne se montre pas avare en incongruités de toutes sortes ! D’où de très fréquents glissements de terrain opérés avec la science de la subtilité, car ses sentences et circonlocutions sont invariablement frappées au coin du bon sens. Purement et délicieusement devosien (« Avec Jean-Claude, avant on se comprenait sans se parler, après on se parlait sans se comprendre, maintenant on comprend qu’on ne se parle plus »), son style à l’emporte-pièce ne fait sans doute pas que des heureux s’agissant de ses victimes expiatoires, mais ce n’est pas la même chanson chez les « voyeurs » posément rivés à leur siège, attendant l’hallali à tout bout de champ en se fendant la poire…Verbalement, des « jeux du cirque » portés par une gladiatrice plus encline néanmoins à dresser des constats peu amènes, qu’à offrir scalp et dépouille après une exécution sommaire.  Un art savamment consommé.

 

Imparables ses assertions sont !

Chez un homme, « quand il y a trop de brioche, on voit plus la baguette ! ». L’ironie est une pièce maîtresse sempiternellement en mouvement. «Derrière chaque fonctionnaire, quand on gratte il y a un cœur qui bat», par exemple. Vu des USA, le Français est quelqu’un qui aime « bien manger, picoler, prendre des congés ». Autre raillerie : »Aux Etats-Unis, pour te souhaiter une bonne journée on te dit : « Have a good day. » En France on te dit : « Bon courage ». La nuance dosée à merveille fait souvent la différence ! Anne Roumanoff égraine des thèmes qui parlent à tout le monde, toujours avec l’esprit de gausserie qui sied à ses escarmouches. Le mariage gay, Pôle emploi et les galériens, l’éducation des enfants, le coach de vie qui expulse les toxines, la fabrication d’émissions de téléréalité telles que « Confessions intimes » et « Tous ensemble », etc. les tranches de vie revues et corrigées sont légion. La politique n’est pas passée à l’as. Comment eût-il pu d’ailleurs en être au demeurant  autrement ? « Les gens du parti de Macron  s’appellent les marcheurs. Ils marchent, mais on ne sait pas où ils vont… » A propos de l’un des candidats malheureux de la présidentielle : « Fillon avait trouvé un boulot à sa femme, mais le problème c’est qu’il lui avait pas dit ! » Economiquement la situation n’est guère glorieuse. Il se pourrait même que ça dure encore et encore…D’autant plus lorsque l’on consulte la définition du vocable horizon : «Ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure qu’on avance… » Et ainsi de suite…

                                                                                                 Michel Poiriault

                                                                                                 poiriault.michel@wanadoo.fr

 

 

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