Chalon sur Saône

Le spectacle "Drugs kept me alive" (Les drogues m'ont maintenu en vie) a secoué le public du festival de danse Instances

Programmé par l'Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône, en clôture du festival, le chorégraphe Jan Favre avec "Drugs kept me alive", écrit pour le danseur et performer Antony Rizzi, a mis le bazar sur la scène de l'Auditorium du Conservatoire du Grand Chalon et le chaos dans nos têtes. Stupéfiant !

Survivre, pour vivre plus fort, plus vite, avant que la grande faucheuse ne termine l'oeuvre de la maladie qui ronge le corps. Vivre pour mieux mourir encore. Amenuiser son souffle après l'excitation des drogues qui tiennent un homme sous perfusion de "trop", trop aimer, trop goûter les chairs de l'autre. Construire, détruire, recommencer, se tenir debout, tomber, se vider de tous côtés... Cet homme-là,  ayant côtoyé la mort de trop près, est seul au milieu du plateau, entouré et protégé par une rangée de fioles et de flacons de toutes sortes qui nous empêchent d'aller nous submerger dans son monde fait d'addictions. Qui sommes-nous, assis dans la salle ? Spectateurs ? Témoins ou voyeurs? Qui est-il, lui, qui semble vivre dans ce qui pourrait être une sorte de déni ? "Am i sick?" crie-t-il à l'envi ou plutôt à l'envie. Pourtant personne mieux que lui ne sait ce qui se passe dans ce corps...
 
Antony Rizzi, dans ce rôle sur-mesure, soutient ce monologue pendant plus d'une heure, alternant pitreries, moments dansés, facéties publicitaires dans lesquelles il s'égare mais raconte ce que tant d'autres ne savent que taire. Poudres, breuvages, élixirs mélangeant produits de la pharmacopée, ces drogues licites associées ou prises indépendamment des drogues illicites, potions magiques explosives, entre savon et bulles de savon, ça mousse sur le plateau ! Faut-il y voir une opposition entre salutaire (ce qui est propre, lavé) et mortifère ou bien une sorte de vase clos dans lequel s'est enfermé le personnage qui croque les pilules afin d'ouvrir à lui un monde inexploré - un monde de sensations démultipliées avant que ne s'installe la "descente", la déchéance."
 
On compatit et on rejette. C'est poétique et sulfureux, tout à la fois. On passe de la grâce au scabreux en une fraction de seconde et du rire à la crispation presque aussi vite.
 
Dense et percutant. 
 
SBR

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