Chalon sur Saône

Rencontre avec Laura Buisson, danseuse et musicienne et Philippe Cheloudiakoff, Directeur adjoint danse du Conservatoire du Grand Chalon, autour de leur création "Impromptu pour un envol"

Interview sur le plateau, le fait est si surprenant qu'il mérite d'être évoqué...

Ayant rendez-vous à 16h pour interviewer la jeune et talentueuse Laura Buisson qui pratique les danses contemporaine, classique et jazz, et pianiste par ailleurs, j'arrive en pleine répétition dans un auditorium plongé dans le noir. Parmi les sièges, je ne distingue pas qui est présent. Je m'assois timidement et observe, sur scène, Laura Buisson qui exécute une danse gracieuse, légère, tel un battement d'aile. Et pour cause, la composition chorégraphique s'inspire de la gestuelle des Grues du Japon, de grands échassiers dont la parade nuptiale est fascinante et de toute beauté. Notre rendez-vous a été décidé à la dernière minute et les équipes s'affairent pour que tout soit parfait pour vendredi. Le temps est compté. On me remarque. On m'informe que l'interview devra se faire sur le plateau afin de ne pas interrompre les réglages lumière. Me voilà donc sur cette grande scène, un peu intimidée, un peu gauche, au milieu d'un joli décor, l'interview peut commencer...
 
Comment est né ce projet et combien de temps a-t-il fallu pour qu'il voie le jour ?
 
Laura Buisson : C'est Philippe qui m'a proposé ce projet enthousiasmant qui me permet de m'exprimer par la danse et par la musique. C'est pourquoi on parle de migration, d'allers-retours* entre chacune de ces disciplines mais tout se fait sans rupture. Je joue en live et lorsque je danse, nous avons fait des bandes-son enregistrées. Il nous a fallu un an et demi pour mettre sur pied cette création. Aujourd'hui, nous sommes prêts à la présenter au public. J'avoue que j'ai un peu le trac, surtout depuis deux semaines, 40 minutes seule sur scène, ce n'est pas rien ! C'est nous ce projet, on veut que ça plaise !
 
Philippe Cheloudiakoff : Cette création musicale mêle au Lied de Schubert, fil conducteur de ce projet et compositeur du voyage, une partition contemporaine. L'envie de faire une chorégraphie avec une danseuse musicienne me tenait à coeur. Je suis moi-même un peu musicien, guitariste amateur, sans prétention. Je voulais un projet autour d'une même personne et Laura est brillante. Avec "Impromptu pour un envol" elle réalise une vraie performance. Elle fait également partie du Jeune Ballet de Bourgogne-Franche-Comté. Ensuite est venue l'idée de la migration, d'une discipline à l'autre. J'avais également en mémoire ces oiseaux migrateurs et leurs magnifiques danses. Dans un univers onirique et poétique, ce spectacle est une invitation au voyage.
 
Cette création est le fruit d'un travail collectif, deux générations vous séparent... Aviez-vous des divergences de point de vue ?
 
Laura Buisson : Nous avons avancé tous deux en même temps sur ce projet ; pas question que chacun travaille de son côté et nous n'avions pas toujours la même vision des choses. Philippe a le bagage de l'expérience et moi la fraîcheur de ma jeunesse mais après discussions, on finit toujours par avoir le même avis. Avec Robert Llorca, Directeur du Conservatoire du Grand Chalon qui avait en charge la création musicale, on s'est retrouvés plusieurs fois. Il a proposé beaucoup de choses, ce qui nous a permis de faire des choix. On a créé ensemble avec ses idées.
 
Philippe Cheloudiakoff : Tout d'abord, je veux dire qu'avec Laura qui a beaucoup échangé avec Lydie Guelpa, analyste du corps dans le mouvement dansé, nous n'avons pas travaillé seuls. En effet, j'ai une assistance artistique, Elisabeth Disdier ; Laurent Jarrige est à la création cinématographique, Robert Llorca comme l'a dit Laura, à la création musicale, Pierrick Saillant au son, Sébastien Béraud à la création lumière et Guillaume Dulac à la mise en l'espace sonore et qui a nappé le son. Il a fait un travail de recherche extraordinaire. Avec Laura, nous avons créé une Compagnie ECARTS, écarts de vision, de génération et la même passion pour la danse et la musique. 
 
Laura, vous interprétez la totalité de la partition musicale et dansée, comment avez-vous travaillé ? 
 
Je me suis documentée et j'ai beaucoup travaillé sur la gestuelle des Grues du Japon. C'était un travail nouveau, difficile parfois, mais j'ai toujours été bien entourée, notamment par Lydie Guelpa qui travaille au Conservatoire de Lyon et ici, au Conservatoire du Grand Chalon, où elle anime l'UV Anatomie. Nous avons travaillé également sur la notion de "migration" puisque je passe de la danse au piano.
 
Était-ce une évidence d'associer à ce projet le quatuor Diotima ?
 
Laura Buisson : Oui, le quatuor Diotima est spécialiste de Schubert, reconnu et très demandé sur les scènes internationales. C'est une vraie chance de les avoir à nos côtés.
 
Philippe Cheloudiakoff : En effet, le prestigieux quatuor Diotima, composé de Yun-Peng Zhao, Constance Ronzatti, violons, Franck Chevalier, alto et de Pierre Morlet, violoncelle, régulièrement encensé par la presse internationale, fait un véritable travail sur Schubert qu'il revisite. Rejoindra ce quatuor pour l'occasion, Nicolas Nageotte à la clarinette et Annabelle Meunier à la flûte traversière. Le quatuor Diotima rejouera le samedi 13 janvier, à 17h, à l'Auditorium. À ne pas manquer !
 
"Impromptu pour un envol", vendredi 12 janvier à 20h, à l'Auditorium
du Conservatoire du Grand Chalon.
 
SBR

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