Culture

Festival international du film policier de Beaune 2017 : selon Alain Suguenot, "le Festival a pris sa place parmi les grands rendez-vous de la profession

Héritier de celui de Cognac, le Festival international du film policier de Beaune, qui débute ce mercredi 29 mars, s'apprête à vivre sa 9ème édition, pour le plus grand plaisir du maire et président de la Communauté d'agglomération de Beaune, Alain Suguenot, qu'Info-Chalon.com a interrogé. .

Du 29 mars au 2 avril, la 9ème édition du Festival International du Film Policier de Beaune va prendre ses quartiers dans la ville dont vous êtes le maire. 9 éditions et, à chaque fois, la présence de nombre des plus grands noms du cinéma, à l’instar, l’année dernière, de Brian de Palma. C’est un Festival désormais aussi couru que bien ancré sur votre territoire et reconnu par le milieu cinématographique. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs dans quelles conditions ce Festival a pris la suite de celui du film policier de Cognac, qui s’est tenu pendant vingt-cinq ans, de 1982 à 2007 ?

Beaune, est la ville natale du précurseur du cinéma, inventeur du fusil chronophotographique : Etienne-Jules Marey. Elle baigne depuis toujours dans cet univers du 7ème art et porte de nombreux projets culturels et de grandes ambitions pour le cinéma, telle que la création de la Cité du Cinéma. Notre ville a ainsi accueilli pendant 15 ans les Rencontres Cinématographiques (1991 à 2005), auxquelles participaient les plus grands réalisateurs, acteurs, producteurs .... Le lien entre Cognac et Beaune, c’est Claude Lelouch, Président du 25ème Festival de Cognac (en 2007). Celui-ci participait régulièrement aux Rencontres Cinématographiques de Beaune dont il a été le Président en 2002. Claude est littéralement tombé amoureux de notre ville, au point d’accepter le pari fou que je lui proposais en 2007 de créer sa propre école dans notre ville : Les Ateliers du cinéma. Lorsque les organisateurs du Festival de Cognac (LPSC) sont venus le voir pour proposer cet évènement aux studios 13, Claude Lelouch a tout naturellement pensé à Beaune.

Pouvez-vous préciser votre rôle dans « l’importation » de celui-ci à Beaune ? S’agissait-il seulement de perpétuer ce qui se passait à Cognac ? Quel était, au moment d’organiser un tel festival à Beaune, le projet des acteurs qui se sont investis pour lui donner vie ?

L’ambition de la municipalité est de positionner Beaune comme ville du 7ème art et ville de l’image et du mouvement, en hommage à Etienne-Jules MAREY qui, grâce à son invention fut le premier à découper le mouvement en image à des fins scientifiques en proposant un lieu dédié (la Maison de l’Image et du Mouvement) à ses travaux scientifiques et en les mettant en relation avec le cinéma contemporain, dans le cadre de la création d’une Cité du Cinéma comprenant un complexe cinématographique et les Ateliers de Claude Lelouch. Mais aussi en implantant un évènement qui lancerait la saison touristique (fin mars-début avril). D’autre part, il tenait à cœur à la Ville de faire le lien avec le monde viti-vinicole pour le promouvoir auprès du monde du cinéma (le BIVB* a été un partenaire financier majeur pour le lancement de cet événement). Sur le plan artistique et culturel, le genre Polar est un genre populaire et fédérateur auprès de publics très larges et très divers.

Les esprits chagrins reprocheront sans doute au Festival d’être financé par de l’argent public, sans souhaiter voir ou concéder que les sommes engagées peuvent en réalité constituer un investissement des pouvoirs publics pour le territoire. Quel est, concrètement, l’impact du Festival sur l’économie beaunoise ? Y a-t-il « retour sur investissement » ?

L’« argent public » (Ville, Département, Région) ne représente en 2016 que 40% des apports. Le reste vient d’un investissement important de partenaires privés (60%) qui soutiennent ce projet (pour certains – Veolia - depuis la première édition), avec des participations significatives et des engagements pluriannuels, preuve que le Festival est porteur auprès des acteurs économiques, dont certains peuvent mesurer concrètement, chaque année, l’impact. Je pense aux retombées hôtelières : plus de 600 nuitées ; je pense aussi aux retombées diverses des festivaliers pendant les 4 jours. Des festivaliers venant de plus de 50 départements français, ainsi que des pays étrangers, renforçant ainsi l’attractivité touristique et l’activité commerciale de la ville. En outre, le Festival a fait connaître Beaune et sa région auprès des réalisateurs et producteurs générant plusieurs tournages de films (ex : avant-première du film de Cédric Klapisch, Ce qui nous lie, ce vendredi soir ; ou encore avec Claude Lelouch qui a tourné Salaud on t’aime il y a 4 ans et l’an dernier, chacun sa vie et son intime conviction**). Beaune, ville du cinéma est un véritable décor de cinéma, un studio vivant. Le Festival attire chaque années plus de 100 journalistes accrédités en 2016. Les invités du festival, eux, tombent sous le charme de Beaune et reviennent régulièrement, pour découvrir la région, y compris parfois pour investir dans de grands projets comme s’apprête à le faire l’acteur Christophe Lambert dans la Cité des Vins.

Un Festival de ce type, comme presque tout Festival d’ailleurs, naît, puis grandit et…meurt parfois. C’est ce qui s’est passé pour le Festival du film policier de Cognac. Cette année, le Festival international du Film Policier de Beaune fête ses neuf années d’existence. Est-il appelé à « grandir » encore ? Comment le voyez-vous évoluer ?

Le Festival a une marge de progression encore importante. Il a maintenant pris sa place parmi les grands rendez-vous de la profession et attire un nombre croissant de cinéphiles et d’amateurs du genre. L’ouverture des Ateliers du Cinéma de Claude Lelouch et leur montée en puissance va donner une nouvelle impulsion au développement de la manifestation ainsi que la Cité du cinéma (avec l’ouverture de la 7ème salle et de la Maison de l’image et du mouvement). Les Beaunois s’approprient de plus en plus le festival, preuve en est le nombre et la variété des manifestations OFF qui nous sont proposées chaque année ainsi que le public nombreux qui vient à la rencontre des talents sur le tapis rouge.

Entre la dénomination du Festival de Cognac et celle du Festival de Beaune, un terme fait la différence, celui d’« international ». Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs pourquoi celui-ci est « international », et ce que cela lui apporte comme valeur ajoutée, si cela lui apporte effectivement une valeur ajoutée ?

La programmation du Festival, oui, est résolument tournée vers l’international : ce sont les cinématographies de près de 20 nationalités, de l’Asie à l’Amérique du Nord, de l’Europe à l’Amérique Latine, sans oublier le monde arabe et l’Afrique, que les festivaliers pourront découvrir cette année. En témoigne l’Hommage qui sera rendu au coréen Park Chan-wook, cinéaste culte mondialement reconnu pour son œuvre singulière, qui donnera une Leçon de cinéma très attendue du public. L’an passé l’américain Brian De Palma avait été invité pour cette leçon de cinéma et lors des précédentes éditions ces sont les acteurs Samuel L. Jackson, Robert Duvall, Katy Bathes ou encore le réalisateur David Lynch et John Mac Tiernan. C’est aussi un Festival découvreur de talents (Diamant noir Prix du Jury 2016, primé dans de nombreux autres festivals internationaux). La particularité de Beaune est de proposer des films dont certains bénéficient, grâce au festival, d’une projection unique en France, ce qui signifie que quelques raretés, notamment dans la compétition « Sang Neuf », sont proposées au public.

Alain Suguenot, ce n’est pas parce que l’on œuvre à l’implantation d’un festival dédié au film policier que l’on est forcément un « mordu » de films policiers, de polars. Ceci dit, peut-être êtes-vous l’un de ces mordus de films policiers ? Est-ce le cas ? Si oui, quels sont vos réalisateurs préférés ? Quels sont les films de ce segment du cinéma qui vous ont marqué ? Pourquoi ? Qu'aimez-vous dans ce cinéma-là ?

J’aime tous les genres, mais je suis en effet un grand amateur de polars. Les films qui m’ont le plus marqué ? Dans le registre « film du patrimoine français » : c’est incontestablement Le cercle rouge, avec Alain Delon, Bourville et Yves Montand, sans doute parce que l’on y retrouve un lieu mythique du pays Beaunois qui m’est cher : la Nationale 6. Et plus près de nous, le film Braqueurs de Julien Leclercq***. J’aime aussi beaucoup les films anglais à l’humour grinçant. Un genre que j’avais redécouvert lors de l’édition 2014 dans la sélection « London Polar » et qui m’a marqué dès mes premières toiles lorsque j’étais enfant. Je pense notamment à Noblesse Oblige de Robert Hamer.  Et puis il y a bien sûr tous les films noirs américains d’après-guerre.

Propos recueillis par Samuel Bon

*Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne

**Lire l'article d'Info-Chalon.com :

www.info-chalon.com/articles/cinema/2017/03/21/28860/chacun-sa-vie-un-film-moderne-et-frais-actuellement-au-cinema-nef-a-chalon-sur-saone/ 

***Lire la chronique d’Info-Chalon.com :

http://www.info-chalon.com/articles/bourgogne/2016/04/02/20955/festival-du-film-policier-de-beaune-2016-avec-braqueurs-julien-leclercq-n-a-pas-braque-les-spectateurs/

 

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