Culture

Et une performance artistique de plus à mettre au crédit de Daniel Brandely, une !

Ecrin de verdure inexpugnable grâce aux fortifications attenantes, le jardin mis à la disposition de l’association Brut d’Expression sis rue du Professeur Leriche à Chalon-sur-Saône, donne également prise à toutes les entreprises dont l’onirisme est la clé de voûte. Ce jeudi 15 juin c’est le local Daniel Brandely, l’un des aiguillons personnifiés de l’art contemporain, qui a laissé libre cours à sa « vagabonde fertilité « au motif de performance désignée sous l’appellation Next flight.

 

Trois autres artistes pour conférer une personnalité accrue au havre de paix

Ce prochain vol, l’artiste performer, nullement à son coup d'essai, l’a assumé pleinement, d’autant plus que certains de ses « condisciples » avaient préparé à leur manière le terrain, en lui octroyant des droits à la luxuriance, supplément d’âme aidant. Avec Les mains vertes de Viviane Foulatier faisant l’apologie du jardinage avec toute sa potentialité, L’écriture d’Annie Maugey circonscrivant son action bucolique au cerisier centenaire, au Repos, d’Evelyne Sion, capturant le temps qui inexorablement persiste et signe en faveur de la fuite en avant pour que le fossé du bastion s’encanaille ad vitam aeternam avec l’intemporalité, le substrat posément cultivé ne pouvait agir qu’en qualité de déterminant. Rien n’était susceptible dès lors de bouleverser l’aller simple pris par le public en faveur de la « garden party », dont Benoît Dessaut, adjoint à la culture et au patrimoine, était l’un des éléments partants pour se saisir de l'enjeu.

 

Avec le ciel en toile de fond

L’espèce d’exécuteur des hautes œuvres, au travers de l’ingérence, l’intrusion, le brouillage des choses, a réfuté la version primaire du contexte en édulcorant les vertus salvatrices de l’idéalisme généré par le site. Le postulat de départ tenait bien davantage dans le passé guerrier, adouci depuis par une végétation jouant à fond son rôle d'équilibre, les deux pôles de l’existant. A l’abri à l’intérieur d’une anfractuosité artificielle du rempart, Daniel Brandely s’en remet d’emblée à sa protection. Situation ambivalente. Puis le ciel déplace le champ des possibles, bruit des avions aidant. Semblant de no man’s land, l’univers céleste se mue alors en exutoire, échappatoire, la liberté ainsi induite dessinant des arabesques peut-être indélébiles chez certains. Enfin, la tête enfoncée dans sa bulle, dont il a coiffé à plusieurs reprises lors de la phase initiale quelques-uns des observateurs, le passeur d’émotions, juché sur un petit promontoire rocheux, lutte de toutes ses forces contre l’envol à partir du sol en s’agrippant aux branches, affichant la volonté inébranlable de ne point quitter le plancher des vaches. Un combat épique...

Michel Poiriault

poiriault.michel@wanadoo.fr 

 

 

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