Faits divers

TRIBUNAL CHALON - Quatre ans de prison pour le chauffeur de bus polonais

Quatre ans de prison ferme pour un viol correctionnalisé en agression sexuelle avec ivresse manifeste. Telle a été la condamnation pour un ex-chauffeur de bus polonais poursuivi pour avoir, en septembre 2015 abusé dans son bus d'une de ses passagères chinoises.

Un fait-divers international. En détention provisoire depuis presque un an, le quadragénaire polonais va retourner à Varennes-le-Grand exécuter le reste de sa peine. Il encourait un maximum de sept ans de prison, le parquet en a requis six. La victime, de nationalité Chinoise est, après avoir déposé plainte et été auditionnée par le magistrat instructeur, bien évidemment rentrée chez elle. Elle ne s'est pas fait représenter par un avocat à l'audience et n’a pas donné de nouvelles à la juridiction. 

Depuis le début de l'affaire, le prévenu nie l'agression sexuelle et parle de relation "librement consentie". Une version de l'amour libre particulièrement douloureuse puisqu'une quinzaine d'hématomes parsemaient le corps de la victime et que le constat médical pointe des dommages dans la région génitale.

 

Le 27 septembre 2015, vers 1 h 45 du matin le réceptionniste d'un hôtel chalonnais voit surgir depuis le parking et devant sa porte une jeune femme chinoise toute nue, pleurante et hurlante et portant des traces de coups. Au responsable du groupe de touristes, elle révèle que l'un des chauffeurs de leur bus vient de la violer. Les policiers trouvent le chauffeur nu comme un ver dans le car, assoupi et la tête reposant sur le soutien-gorge de la victime. 

D’après leurs premières déclarations, prévenu et victime, lors d’une fête d'anniversaire d'une autre passagère se seraient livrés à un concours de beuverie pour savoir qui de la Chine ou de la Pologne buvait le plus... La Chinoise aurait ensuite été entraînée de force dans le bus. Violée à deux reprises puis obligée à commettre une fellation. Elle a  pu ensuite sortir du véhicule dont les portes se sont ouvertes et donner l'alerte.

La parole de la victime porte peu, puisque personne hormis le parquet, ne la relaie. N'ayant plus à conduire le bus, l'homme a bu en grande quantité ce soir-là. Les deux protagonistes avaient au moment des faits plus de 2 gr/l d'alcool dans le sang. Chemise à carreaux, lunettes rectangulaires, sourire parfois un peu narquois au coin des lèvres, le prévenu s’en tient, pendant toute l’audience à sa version de la relation consentie, expliquant les bleus et marques sur le corps de la jeune femme par le taux d’alcoolémie et le parcours entre les sièges pour parvenir au fond du véhicule… Son attitude ne joue pas en sa faveur, à aucun moment il ne semble vraiment réaliser la gravité des faits reprochés. « Si la relation est consentie, interroge la présidente Therme, comment expliquez-vous qu’elle hurle et s’enfuie nue tout de suite après ? » « Par la consommation d’alcool et par la mentalité de ces gens-là » traduit l’interprète. « Vous nous expliquez qu’après chaque relation sexuelle, selon vous, les Chinois partent nus en hurlant ? » reprend la présidente. Silence dans le box.

Pour le Parquet, le prévenu « n’a aucune explication sinon l’ivresse. Soit il n’a pas d’explications, soit elles sont fantaisistes, soit il se mure dans le silence. J’aurai espéré une autre attitude de sa part à l’audience car tout ce qu’a dit la victime a été confirmé de manière scientifique et objective. Le fait qu’il conteste est inquiétant. Cela veut dire qu’il ne regrette rien. ». Dans son rapport, le psychiatre indique que l’alcool consommé en quantité peut provoquer une amnésie partielle comme des troubles du comportement. « Sa détresse, la victime la portera toute sa vie, reprend le parquet ».

 

Me Guignard, qui assiste le prévenu, démontre que les absentes ont toujours tort, surtout à plusieurs milliers de kilomètres de distance. "Mon client a été victime d'une femme nymphomane et alcoolique" assène tout de go l'avocat qui tente la relaxe. Son client, père de famille divorcé puis de nouveau en couple avec son ex-femme, n'a pas de casier judiciaire et est professionnellement et personnellement décrit comme "irréprochable" par ses proches et collègues. « On sait comment peuvent se comporter des adultes en goguette et en voyage ! ». L‘avocat sous-entend que l’argent utilisé par le chauffeur pour l’achat d’alcool pour la fête d’anniversaire a suscité des envies, que la victime a dragué son client, qu’un troisième personnage, sans doute Chinois, se trouvait dans le bus avec la victime et le prévenu et met les violences subies par la dame d’Extrême-Orient sur le compte d’un rapport sexuel « très très mouvementé ». Bref, Me Guignard assure la défense de son client sans délicatesse aucune. La Chine, c’est loin.

Le chauffeur polonais a été reconnu coupable, notamment « par la nature des coups infligés à la victime et leur localisation », condamné à une peine de quatre ans de prison. Il lui reste donc trois années à effectuer à Varennes-le-Grand.

 

Florence Genestier

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