Faits divers

Tribunal correctionnel de Chalon - 10 mois de prison pour une Creusotine, revendeuse de stupéfiants

Ce qui lui faudrait, c’est un enfermement dans une maison médicalisée. Le temps de se sortir de son addiction aux stupéfiants, qui dure depuis de nombreuses années. Le seul remède envisagé par le défenseur de Sarah devant le tribunal correctionnel de Chalon, qui jugeait, dans le cadre d’une comparution immédiate, cette Creusotine de 44 ans pour offre ou cession non autorisée, usage illicite, détention non autorisée de stupéfiants ainsi que pour détention non autorisée d’armes. En attendant l’éventualité d’une cure, Sarah, qui tombait sous le coup de la récidive pour avoir été condamnée pour des faits similaires par le tribunal correctionnel de Nancy en juillet 2010, a écopé comme peine principale de 8 mois de prison, peine à laquelle s’ajoutent 2 mois de prison, suite à la révocation d’un sursis infligé le 10 octobre 2014 par le tribunal correctionnel de Chaumont. La prévenue est donc partie à la maison d’arrêt pour femmes de Dijon, y purger au total 10 mois de prison.


Sarah a été arrêtée le 15 septembre dernier, à la suite d’une dénonciation effectuée par Paul*, un de ses « clients ». La veille, dans la soirée, ce dernier, dont l’allure avait paru suspecte, avait été contrôlé par des policiers, effectuant une mission de sécurisation, au pied de la « tour », où habite Sarah au Creusot. Interpellé avec 2,3 g d’héroïne, Paul* avait indiqué aux fonctionnaires de police qu’il s’était approvisionné chez elle.


Lors d’une perquisition dans son appartement les policiers ont trouvé 133,36 g de cannabis, 33,67 g d’héroïne, 44,27 g de cocaïne, et 0,78 g d’herbe de cannabis. Ils ont également découvert un pistolet et un fusil avec leurs munitions. Sans compter une cinquantaine de bouteilles de vins, champagnes et alcools forts, des survêtements de marque contrefaits,  2 000 € en petites coupures, des mandats-cash à l’intention de son compagnon, lui aussi toxicomane notoire, et actuellement incarcéré.


Sarah a reconnu les faits sans difficultés. Expliquant qu’elle consommait tous les jours de l’héroïne et de la cocaïne, qu’elle en achetait tous les débuts de mois et qu’elle en revendait à deux-trois « clients »... Histoire de financer sa propre consommation.


La quadragénaire était sortie de détention en février 2014 et son casier judiciaire fait apparaître neuf mentions, dont huit condamnations... et sur ces huit condamnations six concernent des infractions à la législation sur les stupéfiants.


« Ce n’est pas le trafic qui fait rêver. C’est le trafic de la misère, le trafic du pauvre » a fait remarquer le vice-procureur Aline Saenz-Cobo. La représentante du parquet a poursuivi « Madame est à un tournant. C’est à elle à faire un choix. La justice ne peut pas l’aider si elle ne fait pas l’effort ».
Conseil de la mise en cause, Me André Laborderie a fait observer que toutes ces condamnations n’avaient abouti à aucun résultat. « Dans un moment on va rajouter encore une peine. Mais ça ne va servir à rien » a ajouté l’avocat, après avoir souligné que sa cliente n’était pas une « délinquante pure », qu’elle était une femme qui aime son compagnon et qui souhaite se marier avec lui, qu’elle était une mère qui avait une fille de 10 ans et qu’elle avait un handicap d’élocution qui l’empêchait d’avancer dans l’existence



Gabriel-Henri THEULOT

*Prénom d’emprunt

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