Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Il s'exhibait auprès de collégiennes chalonnaises

Depuis le 18 novembre dernier, C. X., 35 ans, n’a plus le droit de passer par la rue d’Autun, la place du Collège, et la rue Saint-Jean des Vignes à Chalon-sur-Saône. Interdit. Pourquoi ?

 Pour protéger la collégienne de 12 ans qui a porté plainte contre lui : pendant plusieurs semaines, C. X. avait pris l’habitude de stationner rue Saint-Jean des Vignes, aux abords d’une boulangerie, pour le sandwich, son portable en main, pour visionner du porno, et le sexe à l’air dans l’habitacle de sa voiture, pour l’excitation d’être vu, par des filles jeunes de préférence, « je crains les réactions des femmes plus âgées ». Soit. Et puis ça les impressionnerait sûrement moins que des petites. La mesure d’interdiction protège donc toutes celles qui ont eu droit au show, et qui n’en ont rien dit. 

Etre vu, mais pas trop. Le manège a duré des semaines, jusqu’au jour où une petite en eu marre, et où elle a eu peur : elle a vu l’homme descendre de sa voiture, elle a cru qu’il pouvait en avoir après elle. Il prétend ne l’avoir même pas vu ce jour-là, c’est possible, mais le mal était fait. Elle a dit qu’un jour il lui a lancé « gros cul ». A la barre C. X. soutient n’avoir jamais recherché le contact, jamais, suivi par son avocate, maître Richez-Pons, qui a bien insisté sur ce point : C. X. n’était pas dangereux au-delà des faits commis. La collégienne avait relevé sa plaque d’immatriculation, la police n’a eu aucun mal à l’appréhender, et C. X. a alors eu droit lui aussi à un show : garde à vue, audition de sa femme, visite à son employeur, etc. A son casier, des condamnations pour « appels malveillants » (2), pour conduite sous l’empire de l’alcool et refus d’obtempérer (1), et puis, en 2016, il est condamné à 3 mois avec sursis pour exhibition sexuelle, des faits de juillet 2015, il est donc en état de récidive légale, et cette fois-ci il sent passer le vent du boulet.

C’est que le premier jugement pour exhibition fut une CRPC, comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité : C. X. a vu un juge mais n’a pas eu d’audience, le juge s’est contenté d’homologuer la peine proposée par un procureur, dans son bureau, 3 mois de prison avec sursis, pas de soins. « Il n’aurait pas fallu choisir la CRPC, remarque la présidente Foucault. – J’avais déjà besoin de soins à l’époque, reconnaît le prévenu. – C’est évident ! La conduite sous l’empire de l’alcool, les appels malveillants, on sent que ça n’allait déjà pas. » 

La soudaine publicité donnée à ces masturbations qui pourtant n’avaient rien de privé (c’est bien toute la contradiction de l’exhibition sexuelle) a eu raison des défenses de C. X. qui a bien respecté les conditions de son contrôle judiciaire et a engagé des soins. D’ailleurs il a vu le psychiatre ce matin même, mais la séance fut parasitée par le stress de l’audience à venir : « C’est plutôt bien, lui dit la présidente, vous ne banalisez pas le jugement. » Silence. Le silence s’étire et l’homme passe un doigt sous le verre de ses lunettes pour écraser une larme, puis une autre. La salle vide ne recueille que son souffle dans le micro. « Ça vous remue pourquoi ? – Disons que j’ai pris conscience que j’ai une famille, je l’ai déçue une première fois, et là une deuxième. » C.X. préfère que sa compagne soit au courant, elle le soutiendra, ils essayeront d’avancer ensemble, leur enfant est tout jeune. 

Ecrasé par une forme de honte (quoi de plus difficile que d’avoir à répondre d’une activité qui relève de l’intimité ?), le prévenu tremble pour son emploi, espère en une construction meilleure de son couple, et attend des soins qu’ils lui livrent enfin le « pourquoi ? » qui lui échappe et l’a laissé si longtemps dans les actes. Caroline Locks, substitut du procureur, rappelle néanmoins que la jeune fille a eu peur, et qu’elle a pu se tourner vers ses parents pour recevoir l’aide et le soutien auxquels elle a droit. Elle requiert 8 mois de prison assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 3 ans. 

Le tribunal condamne C. X. à 6 mois de prison assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 3 ans avec exécution provisoire. Obligation de soins, les rues et la place toujours interdites. Le tribunal veut une thérapie qui dure suffisamment pour être opérante. Maître Richez-Pons plaidait en ce sens : « Il veut identifier les causes, car ce n’est pas quelqu’un qui a décidé de ‘faire ça’, il n’en est pas heureux, ça a été vécu comme quelque chose de moche, de sale, de caché. »

FSA

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