Givry

Musicaves de Givry 2017 – Hier soir, au domaine Besson, avec Mohammed Abozekry, c’était l’Egypte telle qu’on ne la connait pas assez

Juste avant Bachar Mar-Halifé, Philippe Perrousset, pour la 20ème édition des Musicaves de Girvy, avait programmé Mohammed Abozekry, un suprenant musicien originaire d’Egypte, rencontré à Lyon. Le retour d’Info-Chalon.com.

Oum Kalthoum, cette chanteuse et musicienne égyptienne, surnommée « l’astre d’Orient », que de nombreux musulmans écoutent en famille au moment du ramadan, vous connaissez ? Ben, hier soir, aux Musicaves de Givry, la musique de Mohammed Abozekry et de ses musiciens, ce n’était pas vraiment celle d’Oum Kalthoum… Mais alors PAS DU TOUT. C’était celle d’une autre Egypte. Non pas que celle d’Oum Kalthoum n’existe pas, ne corresponde à aucune réalité. Loin de là. C’était tout simplement l’Egypte telle que, peut-être, on ne la connait pas assez, faute de trop regarder la télé, faute de trop gober tout et n’importe quoi. L’Egypte qui aime la vie et le vin, notamment quand il vient de Givry. L’Egypte qui lorgne du côté du côté du soufisme, plutôt que de celui des frères musulmans. L'Egypte qui rit, l’œil goguenard, en lisant les Contes des Mille et une Nuits en version initiale, non expurgée*, celle dans laquelle, pardonnez le jeu de mots un peu salace, on baise à tire-larigot, tout simplement parce que ça fait du bien par où que ça passe.

Hier soir, donc, les amateurs d’Oum Kalthoum, s’il y en avait, ne devaient pas être à la noce. En revanche, tous ceux qui étaient venus pour s’imprégner d’un monde et d’un esprit qui gagne à être connu, étaient aux anges. Il faut dire que Mohammed Abozekry et ses musicos, dont l’envie de jouer ensemble faisait plaisir à voir et à entendre, ont sorti le grand jeu, en allant jusqu’à offrir au public la découverte d’une poésie en langue arabe pour le moins appropriée : « Le vin mystique ». Cette dernière, interprétée par Mahmoud Bayoumy, propriétaire du restaurant du Karkadet de Grenoble et « père adoptif » de Mohammed Abozekry, content d’être à Givry parce qu’il « a tellement bu de vin » et espérait « bien en boire encore », a, dans le caveau du domaine Besson, trouvé comme une très adéquate caisse de résonnance.

Samuel Bon

(Photos : Samuel Bon & M.B.)

* Les Mille et une nuits, édition intégrale, 4 vol., 1986, Phebus Libretto. Avec une excellente « Introduction » de René R. Khawan.

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