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Info-Chalon.com a lu pour vous "L'insoutenable légèreté de l'angélisme"

Honorable maison d’édition bourguignonne au catalogue bien fourni, Les Editions Mutine aiment surprendre, en publiant des auteurs originaux, ou tentant de l'être. Illustration avec "L’insoutenable légèreté de l’angélisme", de Pierre Boronali.

Etriller l’époque, en montrer la vacuité… Ridiculiser le « Camp du Bien » (1), c’est-à-dire l’ensemble de toutes celles et ceux prompts à clouer pilori toute personne ayant le tort de ne pas bien-penser, du moins de demeurer insensible aux injections de moraline qu’on tente de nous administrer quotidiennement à haute dose… Un homme, plus exactement un écrivain, maîtrisait parfaitement cet art délicat, nécessitant plus que de l’intelligence : un sens de l’humour exceptionnel. Cet homme, cet écrivain de génie, à la férocité initmitable, c’était Philippe Muray, qui savait comme pas un nous faire rire aux larmes de ce qui devrait pourtant nous désespérer.

Depuis sa disparition, en 2006, d’autres sont venus qui, c’est tout à leur honneur, ont quelque part tenté de perpétuer l’œuvre de celui qui a savait si bien su parler du « sourire à visage humain »de Ségolène Royal (2). Mais…n’est hélas pas Philippe Muray qui le voudrait. C’est malheureusement la conclusion à laquelle on parvient une fois lu un petit livre au titre et à la quatrième de couverture prometteurs, très muray-esques : L’insoutenable légèreté de l’angélisme (3), d’un auteur écrivant sous le pseudonyme de Boronali, une anagramme d’Aliboron conçu pour faire « référence à l’âne à la queue duquel Dorgelès attacha un pinceau pour peindre le tableau qui fit connaître son ‘Manifeste de l’excessivisme’ » (3). En effet, si ce bouquin n’est pas sans intérêt et comporte même de succulents passages – on pense à celui, pages 71 à 74, sur les banquiers – la forme retenue – un dialogue un peu téléphoné qui fait parfois bailler – lui fait malheureusement perdre force et vigueur. Bref, les espoirs soulevés sont quelques peu douchés et c’est bien dommage. Ceci étant dit, c’est quand même assez drôle dans l'ensemble, plutôt bien vu et globalement bien écrit. En outre, tout ce qui a le bon goût de ne pas bêler avec ce que Muray appelait les « mutins de panurge » méritant sans doute attention, votre site d’information en ligne préféré ne saurait trop vous recommander d’y jeter un oeil.

Samuel Bon

 

(1)Revue des Deux Mondes, Janvier 2016 ; http://www.revuedesdeuxmondes.fr/les-bien-pensants-de-rousseau-a-la-gauche-morale-lhistoire-du-camp-du-bien/

(2) Philippe Muray, "Le sourire à visage humain", 2004 ; http://philippemuray.e-monsite.com/pages/textes/le-sourire-a-visage-humain.html

(3)Pierre Boronali, L’insoutenable légèreté de l’angélisme, Editions Mutine, 2016, 89 p, 10 euros

(4)Philippe Muray, Les mutins de panurge. Exorcismes spirituels II, Les Belles Lettres, 1998, 481 p, 25, 40 euros

 

*http://editions-mutine.over-blog.com/  

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