Opinion de gauche

"Un vrai barrage" pour Serge Desbrosses et Sylvie Jovené

Malgré le très beau résultat de Jean-Luc Mélenchon, le choix va se résumer au second tour entre le candidat que les milieux financiers ont choisi pour perpétuer leur domination en brisant les acquis sociaux et la candidate de la haine, de la division des habitants de ce pays, des discriminations, de la guerre contre les syndicats, de la mise au pas de la culture, du mépris pour la République. Alors que le Front national a prospéré – il a gagné autour d’un million de voix par rapport à 2012 – sur les plaies causées par le libéralisme, Emmanuel Macron n’en sera pas le meilleur adversaire. Si barrer la route à Marine Le Pen est un impératif dans treize jours, le combat devra se poursuivre en élisant des députés pour résister à la vague libérale et aux ravages dont se nourrit l’extrême droite, mais aussi de mettre en lumière d’autres alternatives. Les luttes pour l’égalité, la justice et les libertés devront redoubler. Là sera le véritable barrage. Macron n’est pas un rempart contre Le Pen mais plutôt une rampe de lancement pour dans cinq ans. La politique des deux derniers quinquennats l’inspire beaucoup et il ne fera que déréguler un peu plus.

De nombreux électeurs sont déçus aujourd’hui. Les rebondissements de cette campagne ont été nombreux mais, non, elle n’a pas été « folle ». Elle a débuté et s’est conclue par la mise à l’écart des responsables des difficultés que vivent les Français. Premier épisode, Nicolas Sarkozy est sèchement recalé. Au deuxième, François Hollande, plombé par ses reniements et un bilan désastreux, ne peut même plus se présenter. Son second, Manuel Valls, est battu sans conteste lors de la primaire socialiste et s’abîme dans les trahisons à répétition. Le dernier acte de ce big bang politique s’est joué dimanche avec l’élimination de François Fillon sous l’effet conjugué des affaires, d’un programme sauvagement austéritaire et des tristes souvenirs de son passage à Matignon. Il a perdu l’élection que la droite jugeait imperdable. Sur la scène du second tour, les deux formations qui avaient monopolisé le pouvoir, LR et PS, viennent d’être éliminées et entrent en décomposition. La bipolarisation qu’elles voulaient instituer périt sous nos yeux. Avec esprit de suite, les Français ont montré leur colère, leur recherche d’autres voies et se sont massivement rendus aux urnes. Ils ont passionnément parlé politique, ont hésité entre des scénarios et cherché qui leur permettrait de changer de cap. La percée de Jean-Luc Mélenchon, particulièrement marquée dans les villes communistes où il arrive en tête, ne lui permet pas d’être au second tour mais elle ancre la gauche sur sa face antilibérale. Ce vote sera fécond pour l’avenir. Le total de la gauche, tous candidats additionnés, est historiquement faible, mais combien de ceux qui se sentent de cœur de ce côté-là ont-ils été abusés par le double langage d’Emmanuel Macron ou ont cru par une habileté tactique barrer la route à Fillon ou à Le Pen ? Ils seront nombreux à déchanter et à retrouver au fil des années leurs engagements à gauche.

Aux élections législatives, le vote de gauche sera plus que nécessaire pour les français. Il sera vital. C’est pourquoi nous appelons toute la vraie gauche à entrer en contact afin de trouver une solution qui soit la plus efficiente possible pour faire barrage à la politique dévastatrice que nous prépare « En Marche ». Nous devons refuser cette « En Marche Arrière » qui nous est vendue comme progressiste. Là est maintenant le véritable enjeu.

Serge Desbrosses, Sylvie Jovené.

Candidats de la 3ème circonscription de Saône et Loire.

Parti Communiste Français.

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