Saint-Marcel

Une réunion du conseil municipal pour le moins « animée » ce lundi soir

A Saint-Marcel, les réunions du Conseil municipal peuvent être animées… Le retour d’info-chalon.com sur la session de lundi soir.

Selon les chiffres de l’INSEE disponibles, la commune de Saint-Marcel compte environ 6 000 habitants, ce qui fait d’elle une commune à la taille relativement conséquente. Est-ce parce qu’il ne s’agit donc pas de ce que l’on appelle une « petite commune » que ses conseils municipaux sont plus animés que ceux que votre infochalonniste couvre d’ordinaire, et que cela chauffe littéralement entre l’équipe municipale et les conseillers municipaux de l’opposition ? Toujours est-il que la réunion du conseil municipal de lundi soir a été tendue, même si, info-chalon.com n’ayant pas non plus entendu de noms d’oiseaux de part et d’autre, celle-ci est demeurée dans les clous de la civilité ordinaire la plus élémentaire.

Présentation du projet éducatif municipal par Christope Rousseau

Après une présentation du projet éducatif municipal par le coordinateur enfance et jeunesse qui en est chargé (Christophe Rousseau), qui sera adopté un peu plus tard dans la soirée, le calme apparent de l’assemblée a vite cédé la place à des débats plus houleux. En effet, une fois détaillé ce projet visant à « construire la cohérence de l’ensemble des actions éducatives menées pour et avec les enfants, les adolescents et les jeunes ainsi que la continuité des différentes temps (scolaire, périscolaire et extrascolaire) sur le territoire de la commune », Jean-Noël Despocq a très vite donné le ton.

(Christophe Rousseau)

Jean-Noël Despocq : « La précipitation n’est pas toujours bonne conseillère »

La secrétaire de séance désignée (point n°1 de l’ordre du jour), celui-ci est monté directement au front au moment de l’approbation des procès-verbaux des deux précédentes séances (point n°2) : « Nous allons voter favorablement pour ces deux comptes rendus puisque nous avons obtenu réponse à nos questionnements sur la maison Saint-Fiacre, mais nous tenons à apporter des informations complémentaires à l’ensemble des élus du conseil. Suite à ma demande concernant les factures des travaux sur les bâtiments rue Saint-Fiacre, vous avez affirmé ne pas vouloir me les transmettre puisqu’ils s’étaient déroulés sur le mandat précédent. Ma demande était légitime et si vous aviez mis en application vos propos  d’il y a deux ans sur la transparence de vos décisions et actions, je n’aurais pas eu  besoin de saisir comme peut le faire tout citoyen, la Commission d’Accès aux Documents Administratifs. Vous ne connaissiez sans doute pas cette autorité administrative indépendante qui a pour objectif de faciliter et contrôler l'accès des particuliers aux documents administratifs. J’ai donc reçu l’ensemble des factures relatives aux travaux effectués sur cette propriété accompagné d’un courrier signé de votre première adjointe. Il me parait donc important d’en informer le conseil ce soir. » Une entrée en matière qui n’a guère ravi ni le maire, Raymond Burdin, ni ses adjoints, sans doute peu enclins à s’entendre dire qu’ils pratiquent à dessein la rétention d’une information, normalement accessible. Mais qui n’était encore rien par rapport aux conclusions de Jean-Noël Despocq, une fois la liste des factures en question égrenée et son propre calcul fait : la « Perte pour la collectivité de Saint-Marcel » est de « 87 417 euros. La précipitation n’est pas toujours bonne conseillère. Les contribuables de Saint Marcel apprécieront ce nouveau fait d’arme de la gestion municipale sous l’aire  de Monsieur Burdin. ». Passablement irrités, Raymond Burdin et plusieurs de ses adjoints, avant de mettre en cause la gestion de Jean-Noël Despoocq, prédécesseur de l’actuel maire de Saint-Marcel, ont rétorqué : « cette propriété a été estimée par les domaines » et « vous avez acheté très cher ! » (Raymond Burdin).

(Jean-Noël Despocq)

Karine Plissonnier : « on gère du mieux qu’on peut, avec ce qu’on nous a donné quand on est arrivé »

Cette première passe d’armes terminée, une autre a commencé, à l’occasion du point n°3, concernant des délibérations relatives aux finances communales : une deuxième décision modificative impactant le budget principal et le budget annexe Enfance-Famille ; la signature d’un avenant à un contrat à la ligne de trésorerie présentée lors d’un précédent conseil municipal ; le montant de la participation des communes aux accueils collectifs de mineurs pour les communes membres de l’Entente entre Saint-Marcel, Oslon, Epervans, Chatenoy-en-Bresse, Lans, Allériot et Bey.

Demandant la parole, Jean-Noël Despocq a cette fois-ci mis en cause la gestion de la commune par l’équipe municipale actuelle : « Monsieur le Maire, je vais reprendre mes propos du conseil municipal de juillet et renouveler notre demande pour que les tableaux figurants sur nos délibérations soient les mêmes que ceux présentés en commission des finances pour que tous les élus soient en mesure de voir et essayer de comprendre les incidences de cette décision modificative. Pour le fonctionnement : nous avons posé un certain nombre de questions qui n’ont pas obtenu de réponses argumentées. » Une sorte d’introduction à « 4 exemples » qui, selon Jean-Noël Despocq, illustrent la « gestion d’élus à la petite semaine » de la municipalité actuelle, pour Jean-Noël Despocq. Des exemples qui ont une fois encore irrité Raymond Budin et ses adjoints, surtout lorsque Jean-Noël Despocq a pointé « le départ du DGS » et de « ses primes pharaoniques », « l’arrivée différée d’un cadre chargé des marchés publics et des ressources humaines », « les annonces et les non réalisations pourtant affichées prioritaires », « l’ensemble des travaux qui ne devraient pas apparaitre sur ce budget suite à leur annulation » et, surtout, le fleurissement de la commune.

Directement visée sur ce dernier point, puisque Jean-Noël Despocq a pointé la première adjointe au maire, « commerçante [qui] demande aux associations de faire travailler les commerces et artisans locaux alors que la collectivité va se fournir pour le fleurissement à Sornay », « pour 30 petits euros d’écart avec les fournisseurs du territoire », ce que « les horticulteurs de Saint-Marcel apprécieront », Karine Plissonnier aurait sans doute pu s’emporter. Ce n’est toutefois pas ce qu’elle a fait. En effet, avec un calme olympien, cette dernière, après s’être étonnée que rien ne tout cela n’avait fait l’objet de débats au sein de la commission des finances chargée de se prononcer préalablement sur les délibérations du 3ème point à l’ordre du jour, a d’abord taclé la méthode employée par Jean-Noël Despocq pour s’opposer à la gestion de la municipalité , reposant sur la lecture d’une déclaration « très longue », qui interdit de fait de « rétorquer » dans la mesure où l’on décroche très rapidement et que, « pour répondre intelligemment, il faut, avant de parler, prendre le temps de vérifier ». Puis, pour clore le débat, elle a terminé son intervention ainsi : « on gère du mieux qu’on peut, avec ce qu’on nous a donné quand on est arrivé ».

(à g., la première adjointe, Karine Plissonnier ; à d., la directrice générale des services, Magali Lucien)

L’ancienne piste de karting bientôt reconvertie en piste de formation à la sécurité pour la conduite sur deux-roues

Une intervention qui n’a pas mis fin à une certaine pugnacité de l’opposition qui, si elle est restée plus silencieuse sur les points à l’ordre du jour suivants, sans doute en raison de leur aspect plus consensuel, est vite repartie à l’assaut, à chaque fois que l’occasion lui en était donnée. Par exemple, à propos de la délibération concernant la vente de la piste de karting à Thibaut Mugnier et Thierry Boyer, afin que ces derniers puissent la transformer en une piste d’apprentissage des règles de sécurité en matière de deux-roues. Cette fois-ci, c’est Christine Louvel, par ailleurs conseillère départementale, qui, bien que le sujet puisse séduire tout un chacun a priori, s’est enquis d’un certain nombre de détails, conduisant ainsi la majorité municipale à préciser ce que l’acte de cession contiendra concrètement.

(Au centre : Christine Louvel)

Ainsi, après qu'elle leur ait notamment demandé si la piste serait ouverte les weekends, Raymond Budin et Jean-Pierre Girardeau ont expliqué le projet en partie porté par Thierry Mugnier. Cette cession, ont-ils tout à tour exposé, permettra de résoudre les problèmes de sécurité posés par un site dans lequel trop de personnes pénètrent sans crier gare, au risque de s’y blesser, ou pire encore. Autrement dit, elle permettra d’éviter la mise en cause de la responsabilité du maire. En outre, la commune de Saint-Marcel, qui cèderait ainsi 1 415 m² de terrains pour un montant de 9 266 euros, bénéficierait de 60 demi-journées gratuites, pour former des jeunes du centre de jeunesse à la sécurité dans la conduite d’engins à deux roues.

Samuel Bon

Annonces

Météo locale

Météo
  • Min
  • Max

Recherche