Saône et Loire économie

Pyrale du buis - Pas d’alerte pour les vignes en Saône et Loire

A l’occasion des réunions pré-vendanges, organisées ce jour par l’Union viticole de Saône-et-loire à Fuissé pour le secteur Mâconnais et à Buxy pour celui du Chalonnais Couchois, Benjamin Alban, technicien à la chambre d’Agriculture, est revenu sur l’invasion de pyrale du buis (cydalima perspectalis). A l’heure des vendanges, il a tenu à rassurer, cet insecte ne s’attaque pas aux vignes. Ouf car le millésime 2017 s’annonçe de qualité.

La Fredon Bourgogne, structure spécialisée dans la santé des végétaux, avait également fait ce même jour un état des lieux sur ce lépidoptère originaire d’Asie. Il est de plus en plus présent sur le territoire français depuis son arrivée en 2008 en Alsace, en provenance d’Allemagne. La chenille est très reconnaissable dans les massifs de buis. En nombre, elles engendrent de lourds dégâts sur ces massifs.

Il est bon de rappeler que cette chenille non urticante ne représente aucun danger pour l’homme ou pour les animaux. Verte à tête noire striée de bandes vertes foncées et quelques points noirs, cette chenille s’alimente du feuillage des buis. Depuis quelques semaines, cela entrain d’importants dépérissements des buis dans notre département.

Benjamin Alban expliquait alors son cycle biologique pour bien différencier chenilles et papillons. Le premier vol de papillons a eu lieu mi-juin. Depuis la période du 12 au 17 aout, les vols de pyrale du bios constituent donc la deuxième génération de l’année. La durée de vie des papillons étant de 12 à 15 jours, les experts prédisent que les populations de papillons devraient commencer à diminuer dans les prochains jours, avec une fin de vol prévu à la fin du mois. Une troisième et dernière génération devrait malheureusement voir éclore d’ici fin septembre. Actuellement, « les larves – nouvellement pondues - vont à nouveau consommer » des feuilles de buis. Ou ce qu’il en reste…

Faire taire les rumeurs…

« Pour faire taire les rumeurs », Benjamin Alban répétait qu’elles « ne s’attaquent ni aux feuilles, ni aux grappes de la vigne ». En effet, ces papillons sont mellifères et viennent sur différentes espèces végétales pour trouver des miellats, des nectars. « Ils aiment éventuellement les jus présents sur les baies de raisins mais c’est un insecte suceur. Il ne les pique pas en perforant leur baie ». Pas de crainte donc pour les vignes, les feuilles étant épargnées aussi. L’Alsace a connu des épisodes semblables il y a quelques années et la profession viticole n’a pas constaté d’impacts sur les vignes ni sur la qualité de la vendange.

Mais la vigilance reste de mise. Car une autre variété de pyrale, présente actuellement dans le Gard, la pyrale Cryptoblabes s’attaque elle à la vigne aussi.

Gare aux méthodes non sélectives

Des méthodes de lutte existent sur le marché et certaines visent les pontes (trichogrammes), les chenilles (bacille de Thuringe) ou les papillons à l’aide de piégeage par phéromones sexuelles. Les bassines d’eau savonneuse accompagnées d’une lampe sont très efficaces, mais absolument pas sélectives. Toutes sortes de papillons y sont piégées, y compris des espèces protégées, rappelle la Fredon Bourgogne.

Reste à trouver une solution collective pour « sauver » les buis de Saône-et-Loire…

Cédric Michelin

L’Exploitant Agricole de Saône-et-Loire

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