Bresse Chalonnaise

Verjux : le compte à rebours a commencé pour la 12ème édition de l’ « Original Verjux Saône System »

Dans le civil, Stephane Desfêtes, est responsable logistique dans une boîte située sur le campus Saôneor. Dans son autre vie, celui que tout le monde connaît sous le nom de « Stef Bigoude », est l’une des chevilles ouvrières d’un festival désormais bien ancré dans le paysage local et dans les milieux reggae : l’ « Original Verjux Saône System », dont la 12ème édition aura lieu ce samedi 17 juin à Verjux, à partir de 20 heures. Retour sur une conversation à bâtons rompus avec celui qu’Info-Chalon.com serait amicalement tenté d’appeler « Stef Bagoud », tellement celui-ci semble avoir l’art de la tchatche dans la peau.

A écouter « Stef Bigoude », le président de l’Amicale des anciens élèves de Verjux (AAEV), l’ « Original Verjux Saône Sytem », ce festival de musique reggae qui désormais draine à chaque édition pas moins de 1 000 personnes dans la petite commune de Verjux, a vu le jour grâce à des… Solex ®. Plus exactement : grâce à une course alors connue sous le nom des « 10 heures de Solex de Verjux ». Une manifestation très sympa selon lui mais qui avait l’inconvénient de se terminer un peu brutalement : « ils roulaient pendant 10 heures et, à l’arrivée, vers 20 heures, ben…plus rien. C’est là qu’est née l’idée d’une soirée musicale », pour prolonger la fête. Mais, très vite, « ça s’est révélé techniquement et humainement dur de faire les deux, l’une à la suite de l’autre.Donc on a créé le festival, sur une date annexe. La première édition a eu lieu en 2006. Notre but était et reste de faire vivre la musique, de permettre aux gens de s’éclater… de permettre à TOUS les gens de s’éclater, d’où l’entrée libre. Car c’est aussi ça la culture : quelque chose qui n’est pas, ne doit pas être réservé à une certaine catégorie de personnes. »

C’est donc en 2006 que naît officiellement « l’Original verjux Saône System ». A l’époque, pas de « sécurité », contrairement à aujourd’hui où, dès qu’une manifestation est susceptible d’atteindre 500 personnes, la loi vous contraint à y penser et à recruter des gars pour canaliser les foules. En 2006, ce ne sont pas moins de 400 personnes qui ont inauguré le nouveau festival. Un succès. « On s’est régalé ! On savait tous que si on ne s’en sortait pas financièrement », c’est-à-dire si le public n’était pas au rendez-vous, « on en serait de notre poche, et que ça pourrait faire mal. Ça n’a pas été le cas, alors on a continué. A l’époque, on avait fait venir ‘’Glyys’’, La ‘’Casa Bancale’’ et ‘’Faya Fulska’’, un groupe local. On essaye toujours de faire jouer un groupe local. »

C’est toutefois en 2007, lors de la 2ème édition, qui a attiré aux alentours de 1 500 personnes que le Festival a pris son envol. Cette année-là, jouait un groupe qui fait parmi désormais parti des sommités de la scène reggae : Broussaï. A l’époque, les Maconnais commençait tout juste à se faire un nom, aujourd’hui, ils boxent dans la cour des grands, en mettant le feu aux Francofolies ou en faisant salle comble à l’Olympia de Paris. Car une des particularités de ce Festival est de dénicher des groupes pas très connus. D’abord, parce que, financièrement, les organisateurs ne pourraient pas s’acquitter des prix habituellement pratiqués pour les faire venir. Mais aussi, et surtout, pour permettre à de nouvelles formations de se faire connaître et d’émerger. « Des artistes qui, quand Stef et ses acolytes de l’AAEV, tous originaires de Verjux, leur expliquent que l’intégralité des bénéfices sera versée à l’école de la commune et à une école du Burkina Faso, « font volontiers un effort et se donnent à fond, pour la bonne cause ».

Né d’une histoire de Solex ®, le Festival s’est donc inscrit dans le paysage. Cependant, précise Stef Bigoude, « sans l’aide de toutes celles et ceux qui donnent bénévolement un coup de main… sans la semi-remorque prêtée gracieusement par Sobotram pour qu’on ait une scène… sans les prêts et dons de matériels… sans l’aide des commerçant de Verdun-sur-le-Doubs et d’ailleurs… sans l’aide de tous ces sponsors qui participent financièrement sans forcément chercher à apparaître… sans les subventions du Conseil départemental, de la Communauté de communes Saône Doubs Bresse, de la commune de Verjux et, plus récemment, du Conseil régional de Bourgogne-Franche Comté, il n’aurait peut-être pas fait long feu ». Car, et ceci malgré l’image trop souvent tronquée que l’on peut avoir des amateurs de musique reggae, à tort assimilés à des marginaux délinquants et drogués, l’ « Original Verjux Saône System » fédère énormément d’énergies. C’est ainsi que, l’AAEV, qui organise par ailleurs des « soirées beaujolais nouveau », des « sorties Percée du Vin Jaune », des « soirées Hypnose », sait pouvoir compter sur le soutien sans faille de la municipalité de Verjux qui, chaque année, va jusqu’à prendre « les arrêtés municipaux qui vont bien pour que tout se passe dans de bonnes conditions ». Pourquoi ? Mais tout simplement parce que, à mille lieues des idées reçues, les habitants de Verjux se sont rendus compte que « le public du Festival, qui va de 7 à 77 ans, est un public plutôt cool. En douze ans, pas une bagarre, tout juste un ou deux coups de klaxon à une heure peut-être un peu trop avancée. Et puis parce qu’on a un contrat moral avec la municipalité, envers laquelle on s’engage à ‘’rendre’’ la commune en l’état à ses habitants, c’est-à-dire clean, propre, dès le dimanche ».

Vous ne connaissez pas encore ce festival qui « déchire sa race » ? C’est ce samedi 17 juin, à Verjux, à partir de 20 heures.  Pour sa douzième édition, on se répète* mais deux fois valent mieux qu’une, les organisateurs reçoivent le groupe Reggae stéphanois, Naksookaw pour un show paraît-il « détonnant ». Les lyonnais de Wailling Trees avec leur Reggae, Soul Jazz viendront, quant à eux, défendre leur deuxième album. Juste avant, donc, les dijonnais de Echo Mike Whisky, qui ouvriront sur la grande scène avec leur ska-rock endiablé, et les Brothers Vibes, qui clôtureront la soirée et présenteront  leur dernier EP. Le Festival, qui ouvre ses portes à 20 hrs, verra son début de soirée et ses interscènes assurés par Natural HIFI, experts bien connus en matière de grosses basses.

Une précision : l'entrée est toujours libre. Aussi, si vous ne connaissez pas cette grande messe reggae à quelques kilomètres de Chalon-sur-Saône, c’est le moment de découvrir et vivre une expérience digne de ce nom. D’autant plus que, cette année, le Festival innove avec quelques surprises, dont info-chalon.com ne vous dira pas un mot, même si vous le forcez à écouter en boucle la bouillie prétendument musicale de Jul, pour que, samedi, vous mouviez votre fuck.. ass jusqu’à Verjux, plutôt que de le laisser posé dans votre canapé.

 

Samuel Bon

(En photo : Stef Bigoude)

Infos pratiques :

Lieu : Verjux

Date : samedi 17 juin

Horaire : à partir de 20 heures et jusqu’à…épuisement total

Entrée : prix libre

 

*Lire l’article d’info-chalon.com :

http://www.info-chalon.com/articles/saone-et-loire/2017/06/12/30780/ce-samedi-17-juin-l-original-verjux-saone-system-reprendra-ses-quartiers-aux-abords-de-la-saone-pour-une-douzieme-edition-qui-promet/

 

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