Sud de l'agglomération

Varennes-Le-Grand : L’Autre école de Gaëlle Montmaron ouvrira ses portes le 4 septembre prochain

Loin des principes sur lesquels se fonde l’école traditionnelle, "L’Autre école" de Gaëlle Montmaron, à Varennes-Le-Grand, se propose d’éduquer…autrement. Le retour d’info-chalon.com sur une école vraiment pas comme…les autres.

Est-ce parce que du jeu à l’éducation heureuse d’un enfant il n’y a selon elle pas un pas mais un perpétuel va-et-vient qu’elle lui a fait signe ? Est-ce plutôt parce qu’un journaliste qui s’intéresse aux jeux, quelle que soit la forme qu’ils revêtent, ne peut pas être totalement mauvais ? Quoi qu’il en soit, c’est en lisant l’un de ses articles consacrés à un jeu d’évasion, grâce auquel tout participant réfléchit intensément et plus loin au contact des autres tout en s’amusant (1), que Gaëlle Montmaron a décidé de contacter votre serviteur d’info-chalon.com pour lui parler de son « Autre école ». Et comme celui-ci ne peut s’empêcher de manifester de l’intérêt pour tout ce qui sort – volontairement ou non – des sentiers battus, surtout quand il s’agit d’éducation, il a bien volontiers accepté de la rencontrer longuement, dans les locaux de cette école qui ouvrira ses portes le 4 septembre prochain, ceci pour qu’elle lui explique précisément en quoi celle-ci est « autre », c’est-à-dire différente de celles de l'institution pour laquelle elle a longtemps exercé : les écoles de l’Education Nationale.

L’école d’une ex-professeure de l'Education nationale, reposant sur des principes autres que ceux de l'école traditionnelle

En plein cœur de la commune de Varennes-le-Grand, après avoir emprunté une longue avenue bordée de platanes dont on ne se lasse pas tant elle a des vertus apaisantes, votre serviteur d’info-chalon.com a donc fait la connaissance de Gaëlle Montmaron. Et, les locaux de L’Autre école visités, il a pu l’écouter raconter son histoire, qui se confond avec celle d’une école non traditionnelle : « Tout a commencé quand notre propre enfant est entré à l’école maternelle. Une école de l’Education Nationale. Ça ne s’est pas bien passé. Mon mari et moi avons alors cherché une école attentive, mais nous n’en a pas trouvé. Alors nous avons cherché d’autres solutions. Sachant que ce n’est pas l’école mais l’instruction qui est obligatoire en France, nous avons fait un choix. A l’époque, j’étais Professeure de mathématiques et de sciences dans un lycée professionnel. J’ai finalement quitté l’Education Nationale pour éduquer moi-même mes enfants. Et pour les éduquer, j’ai cherché d’autres façons de faire. »

Un saut dans l’inconnu ? Pas tout à fait. « Avant d’y entrer, j’avais des idées, mais qui ont été bien cassées par l’Education Nationale, qui m’a malgré tout formatée. Je connaissais Maria Montessori et surtout Alexander Sutherland Neill (2), le fondateur de la Summerhill School. Quand je me suis retrouvé à la maison avec mes enfants, je suis revenue à ces idées-là. J’ai alors délaissé le formel de l’Education Nationale pour l’informel. En six ans d’école à la maison, j’ai trouvé un autre rythme, me suis confrontée à d’autres méthodes ».

C’est de cette expérience en un sens très personnelle et surtout concluante qu’est née l’idée de L’Autre école, c’est-à-dire, pour Gaëlle Montmaron, d’ « une école qui ne repose pas sur les mêmes principes que ceux des écoles de l’Education Nationale », et n’hésite pas à s’inspirer de la théorie des intelligences multiples (3), à laquelle les établissements supérieurs de l’enseignement et de l’éducation (ESPE), (très) lointaine émanation des écoles normales transformées en IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres), commencent tout juste à s’intéresser, après l’avoir descendue en flèche puis, plus simplement, ignorée.

Ceci étant, si elle ne repose pas sur les mêmes principes que l’école traditionnelle, sur quoi se fonde-t-elle, cette Autre école ? D’abord, elle part du principe que le jeu est la base des apprentissages, en écho aux propos d’Albert Einstein selon lequel « le jeu est la forme la plus élevée de la recherche ». Une réflexion que les neurosciences confirment, notamment quand des scientifiques déclarent que le jeu « est le meilleur moyen d’apprentissage », « si ce n’est le seul ». Soit, pour votre serviteur d’info-chalon.com, un postulat pas forcément compatible avec la philosophie actuelle de l’Education Nationale, où il est encore de (très) bon ton d’avancer, sans doute pour éviter tout procès d’intention de la part des parents d’élèves et des remontrances de l’administration rectorale, que les élèvent « travaillent », alors que l’un – jouer – n’empêche nullement l’autre – travailler, c’est-à-dire apprendre. 

Une école qui s’adapte à l’enfant, et non pas l’inverse

Mais attention ! L’Autre école, ce n’est pas non plus l’ « ordre spontané » cher à Friedrich Hayek qu’on laisserait officier entre quatre murs d’une belle bâtisse entièrement rénovée de Varennes-le-Grand,  encore moins un phalanstère d’inspiration fouriériste créé par une communauté de nostalgiques du Flower power et certainement pas « la fête au village ». Ce que les familles pourront vérifier, puisqu’elles y sont les bienvenues, que ce soit pour observer le fonctionnement de l’école ou pour contribuer à l’éducation des enfants.

Avec L’Autre école, Gaëlle Montmaron conserve du formel pour les maths et le français, dont les enfants devront tâter au moins une fois par jour. Simplement, s’il leur faudra en passer par là, tout le reste, lui, sera informel. Comprendre : les enfants seront libres de faire ce qu’ils ont envie de faire. Autrement dit, au niveau organisationnel, L’Autre école se rapproche de la pédagogie de Célestin Freinet (4), un autre grand paria de l’Education Nationale en voie de (très) progressive réhabilitation et dont on aborde le plus souvent l’apport en matière de pédagogie de la même façon que la publicité récupère en les détournant et les édulcorant les slogans anticapitalistes et séditieux de Mai 68 ou le portait photographique de Che Guevara réalisé par Alberto Korda...

A l’écouter, avec L’Autre école, Gaëlle Montmaron fera en effet du Freinet, mais avec plus de liberté : l’enfant sera encore plus libre que dans une école Freinet, même s’il aura tous les jours sur son plan de travail des maths et du français. En effet, en dehors de ces maths et de ce français, qu’il fera obligatoirement à un moment de la journée qui lui correspond personnellement, l’enfant découvrira, le reste du temps, ce qu’il désire découvrir, en fonction de ses centres d’intérêt, soit par le biais d’exposés en groupes, soit par le biais d’autres activités, qui ne lui seront en aucun cas imposées.

Pas de contraintes, juste un minimum de règles, donc. En somme, c’est l’adulte qui s’adapte, et non pas l’inverse. Car, pour Gaëlle Montmaron, « ce n’est pas l’enfant qui doit s’adapter à l’école mais l’école qui doit s’adapter à l’enfant. Si on essaye de mettre tous les enfants dans le même moule comme on le fait dans celles de l’Education Nationale, on fait beaucoup de dégâts. Un enfant cassé à et par l’école ne se sentira jamais bien dans le système. A force de dire à un enfant qu’il est nul parce qu’il n’est pas dans la norme, il va s’en persuader ».

« Adaptable », le maître-mot pour caractériser L’Autre école selon Gaëlle Montmaron

Si elle devait choisir un maître-mot pour son école, ce serait sans doute celui d’ « adaptable ». En effet, dans celle-ci, tout est pensé et conçu pour s’adapter à l’enfant, y compris ce qu’elle appelle « l’espace », en réalité deux types d’espaces : celui où les enfants seront en commun (l’espace collectif) et celui où l’enfant pourra, au calme, seul, approfondir une pratique ou un domaine de découverte qui a retenu son attention (l’espace individuel).

En dehors de l’espace, ce sont le mobilier, les supports pédagogiques et les méthodes qui sont modulables. Le mobilier de L’Autre école lui est en effet spécifique : il s’adapte à l’enfant. Par exemple, les tables, contrairement à ce qui est la règle dans les écoles de l’Education Nationale, se règlent, pour être à sa hauteur. Ce n’est pas l’enfant qui se contorsionne du mieux qu’il peut pour réussir à se trouver le moins mal possible. Et si l’enfant veut découvrir, apprendre autrement qu’assis derrière une table, il le pourra. L’Autre école est munie de gros ballons, ronds ou ovales, bien utilisés par les ergothérapeutes. Gaëlle Montmaron sachant que certains enfants ont besoin de beaucoup plus d’appuis sensoriels (jambes, bras, bassin, etc.), ceux qui en éprouveront le besoin pourront découvrir ou apprendre en étant allongés par terre.

Au niveau des supports pédagogiques, L’Autre école aura recours à du matériel inspiré de celui utilisé dans les écoles Montessori (5) : boulier et lettres rugueuses, par exemple. Bien qu’elle ait manifestement de la sympathie pour Maria Montessori, Gaëlle Montmaron n’a toutefois pas fait le choix de n’utiliser que du matériel Montessori. Pourquoi ? Parce que selon elle, ce matériel a d’abord une destination bien particulière. Or, pour Gaëlle Montmaron, « un matériel peut certes avoir un objectif premier mais qui peut être détourné ». Et puis, surtout, elle ne veut pas se fermer dans une certaine pédagogie, même si celle de Maria Montessori, pionnière dans de nombreux domaines et correspondante de Sigmund Freud, qui lui écrivit un jour que si tous les enfants étaient passés entre ses mains, on n’aurait plus besoin de lui et de sa psychanalyse, n’est certainement pas une pédagogie que l’on peut ignorer quand on a l’ambition d’éduquer avec bienveillance des enfants. De fait, L’Autre école puisera dans de nombreuses pédagogies alternatives - Freinet, Montessori, etc –, mais aussi plus classiques. Par ailleurs, loin d’adopter une seule méthode d’apprentissage, par exemple pour la lecture, elle en utilisera plusieurs : la méthode alpha comme la méthode globale, cette dernière pouvant être, d’après sa propre expérience, la seule méthode convenant à un enfant en particulier, tout en ne convenant pas au plus grand nombre. Un choix qui s’explique par une conviction : « pour moi, chaque enfant est capable d’apprendre, à condition de trouver le support qui lui convient, ce qui suppose beaucoup d’attention et de patience de la part de l’adulte s’occupant de lui, ainsi qu’une manifestation continue de sa part de la confiance qu’il a dans les capacités de l’enfant. »

Dans un premier temps, Gaëlle Montmaron sera seule pour s’occuper des 12 enfants que L’Autre école peut accueillir, qui ont presque tous pour point commun d’être des enfants dont l’Education Nationale ne veut pas, « parce qu’ils n’ont pas leur place dans ses écoles ». Elle sera seule, mais comme L’Autre école est portée par une structure associative, composée de membres pensant aussi qu’on peut éduquer autrement, d’autres personnes interviendront, de façon bénévole, pour apporter ce qu’elles ont à apporter aux enfants. Comme par exemple cette adhérente de l’association qui, partant d’un constat partagé par de nombreux spécialistes de l’enfance – celui selon lequel qu’on n’apprend hélas plus aux enfants à écouter leur corps tout en les contraignant à ne se rendre aux toilettes ou à ne s’hydrater qu’à certains moments choisis de façon un peu arbitraire, et pas toujours judicieuse – leur apprendra au contraire à reconnaître leurs besoins physiologiques et leurs émotions et, surtout, à les écouter.

Seulement 12 enfants, demanderont certains ? Pas tout à fait. Pour l’instant, L’Autre école se prépare à officier pour ce nombre-là d’enfants. Mais si plus de familles encore devaient se montrer intéressées par l’idée de confier leur ou leurs enfant(s) à L’Autre école, l’association qui la porte n’exclut nullement de recruter une deuxième enseignante, voire plus, en cas d’engouement.  Autrement dit, si votre enfant ne trouve pas sa place au sein des écoles traditionnelles de l’Education Nationale ou si vous souhaitez plus simplement qu’ils soient éduqués selon les principes directeurs de L’Autre école, prenez dès à présent contact avec Gaëlle Montmaron.

Samuel Bon

 

 

 

 

(1)Lire l’article en question :

http://www.info-chalon.com/articles/saint-marcel/2017/08/07/31826/un-demarrage-sur-les-chapeaux-de-roues-pour-la-timing-room-de-delphine-et-thomas/

(2) Pour en savoir plus, visionner le documentaire suivant :

https://www.youtube.com/watch?v=_xqFSHa1FE8

(3) Une théorie initialement formalisée par Howard Gardner, dans un ouvrage publié en 1983 : Frames of Mind : A Theory of Multiple Intelligences. Une théorie selon laquelle, pour faire très simple, nous sommes tous intelligents mais pas forcément dans le même domaine. 

Pour en savoir plus :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Les-Intelligences-multiples-1952

(4) « Au sein de l’ensemble diffus que couvre le nom générique d’Education nouvelle se sont pérennisés des mouvements plus ou moins structurés, à partir de l’entreprise pionnière et de la figure d’un fondateur. C. Freinet fournit ainsi à une minorité agissante d’instituteurs français une référence identitaire durable : modestie ombrageuse du praticien face à toute autorité, pédocentrisme modulé par des convictions sociales affichées, ingéniosité didactique (imprimerie à l’école, correspondance scolaire, programmation des apprentissages, etc.). La pratique et le renouvellement conceptuel du conseil coopératif constitueront l’une des origines de la pédagogie institutionnelle. » (D. Hameline, « Mouvement Freinet », in Vocabulaire de psychologie, Quadrige/PUF, (1991) 2013, p 469).

Pour en savoir plus :

https://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/8309

(5) Pour en savoir plus sur Maria Montessori et sa pédagogie, écoutez les deux émissions de France Culture suivantes :

https://www.franceculture.fr/societe/maria-montessori-lenfant-est-un-roi-en-marche-vers-laurore

https://www.franceculture.fr/emissions/rue-des-ecoles/la-pedagogie-montessori-aujourdhui

ou visionnez le documentaire ARTE suivant :

https://www.franceinter.fr/emissions/l-instant-tele/l-instant-tele-07-septembre-2016

 

Plus d’infos sur L’Autre école :

Statut :

Ecole privée hors contrat, contrôlée par l’inspection de l’Education Nationale, en vertu du régime juridique l’encadrant.

Multi-âge. De 5-6 ans jusqu’au bac.

Frais de scolarité :

3600 euros par enfant  et par an

A partir d’un deuxième enfant scolarisé :  3600 euros pour le 1er, 3000 pour le second

Organisation :

L’Autre école accueille les enfants dès 9 heures le matin, du lundi au vendredi, jusqu’à 16 h 30 (pas d’école le mercredi après-midi).

Les vacances scolaires sont identiques à celle de l’école traditionnelle.

L’enfant doit être présent sur plus de la moitié d’un planning choisi par les parents.

Multi-âge, l’école n’est pas organisée selon des classes d’âge.

 

Pour encore plus d’informations :

Association des Escargeeks

place de la poste

71240 Varennes le Grand

Courriel : escargeeks@gmail.com

Facebook : facebook.com/escargeeks/

Téléphone : tel:0652304799

Site Internet : http://www.escargeeks.com/

 

 

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