Chalon sur Saône

Pour son 33ème marathon Guy Charrieau devrait passer du rêve à la réalité à Athènes

Pour son 33ème marathon Guy Charrieau devrait passer du rêve à la réalité à Athènes

Pour l’état-civil il est Guy Charrieau, cependant dans l’univers multicellulaire et polychrome des pelotons de course à pied, le sobriquet de « Sam » l’emporte sans coup férir à l’applaudimètre. Fondu de running depuis des lustres, il prendra part, à un tournant de son existence, au marathon d’Athènes dans le berceau de l’olympisme. Son 33ème…

La foi chevillée au corps

Chalonnais à partir de 1974, l’endurant sportif au style inimitable devait « s’initier aux rites » du pas devant l’autre allegro à la fin de 1976 dans les compétitions alors réservées aux populaires, autrement dit à celles et ceux qui, pour des raisons personnelles, n’étaient pas en possession d’une licence de la Fédération française d’athlétisme. Exutoire, défouloir, hygiène de vie, l’amoureux transi de cet engagement physique au long cours (il a parallèlement succombé à la tentation du karaté entre 1976 et 1981) est en adoration devant son péché mignon. « Je vis ça comme une libération, le fait d’être mieux dans ma peau, c’est un besoin. Je vois du monde et j’apprécie l’échange entre pratiquants. » A tel point qu’il n’a pratiquement jamais mis entre parenthèses sa gratifiante activité. De 1979 à 1982 il alignait les grandes enjambées sous les couleurs du C.O.O.C (Club Olympique Ouvrier Chalonnais), puis au sein de l’E.A.B.M. (Entente Athlétique Bourgogne Montceau) durant dix-sept saisons, avant de revenir à ses premières amours en 1999. Lequel club est devenu Grand Chalon Athlétisme, où il prend toujours plaisir à être de tous les bons coups. Et pourtant, il doit concilier son inaltérable appétence pour un sport très exigeant avec les horaires d’une profession (les postes en 3X8) ne lui facilitant vraiment pas la tâche. Trente-huit ans de ce régime-là n’auront en rien émoussé son capital enthousiasme, c’est dire son tempérament. En octobre Guy Charrieau comptabilisera quarante-deux années de travail. Lui qui changera de statut le 29 décembre (en devenant sexagénaire) postulera à une retraite bien méritée, normalement au mois de janvier 2015.

 

35 championnats de Saône-et-Loire de cross !

Les amateurs de titres ronflants, victoires, places d’honneur, en seront pour leurs frais. Ne vous attendez pas à le voir figurer dans le gotha, le star system, le fleuron des dévoreurs d’asphalte. Le sans-grade n’en a cure, comme du reste du souci du qu’en-dira-t-on. Sa quête est moins spectaculaire, mais tout aussi louable. Son Saint-Graal se trouve à mille lieues des résultats de l’élite, mais son cheminement a une valeur intrinsèque certaine. Doté d’une formidable dose d’humilité et d’une remarquable fidélité, Guy, qui a exploré bon nombre de facettes du demi-fond, fond et grand fond, pourrait néanmoins se targuer d’une carte de visite en la matière à consulter avec respect. S’il a fait un peu de piste, ses temps de référence, réalisés dans les années 80, sont de précieux indicateurs : 4’47’’ au 1500 m, 17’11’’ au 5000 m, 36’10 ‘’ au 10 km. Ajoutons trente-cinq championnats de Saône-et-Loire de cross-country, 33 de Bourgogne, des semi-marathons, et vous aurez là un bel aperçu de la qualité et de la constance du bonhomme, surtout lorsque vous aurez appris qu’il n’aura été contraint à l’abandon qu’à deux reprises durant l’ensemble de sa carrière !

 

Qui veut le conforter dans son choix d’Athènes ?

Trois fois Paris, New-York, Prague, Londres, Bruxelles, Venise, Lausanne, Francfort, Dublin, Amsterdam, Florence, Monaco…ses trente-deux marathons dénotent une implication sérieuse dans le panel de l’offre ainsi qu’une volonté inébranlable. Notons que son chrono le plus performant l’a été en 1986 à Lyon (son deuxième marathon), après 2h58’ d’efforts ininterrompus, tandis que son plus beau souvenir s’est arrêté sur New-York. Cette fois « Sam » part à l’assaut d’un rêve inassouvi : le marathon d’Athènes (ce ne sera pas le dernier), lequel se déroulera le 8 novembre 2014. Avant de griffer le sol hellénique, Guy, dont l’entraînement spécifique débutera en juin en raison de ses horaires de travail, doit se désentraver de la problématique du financement. Pour l’heure le budget (environ 850,00 euros au total pour quatre jours sur place) a bénéficié d’oreilles attentives avec son comité d’entreprise AMCOR (ex-Péchiney et LBM), et son club actuel, le G.C.A., structures lui octroyant une aide financière. Les éventuelles autres aides seraient les bienvenues, car le marathonien est encore loin d’avoir enregistré le plein  de sponsors. En cas de soutien à lui afficher, prière de le contacter au 03.58.09.55.47, ou de lui écrire à l’adresse suivante : [email protected]  

 

Il est d’une extrême simplicité

En règle générale le vétéran 3 court quatre à cinq fois par semaine. Sans compter les « extras ». « Tous les jours je m’adonne à la culture physique, plus des étirements. Je me sens bien dans mon corps, il y a du vécu, j’ai toujours fonctionné comme ça. » Discipline par définition individualiste, la course à pied, parfois, fournit l’opportunité de l’altruisme : « J’aime donner de temps en temps un coup de main au club. » Avec perpétuellement un état d’esprit ne lui permettant pas les pertes de contrôle vers les comportements surfaits. « Je ne me prends pas au sérieux. Moi, c’est la simplicité, j’ai toujours le sourire. » Puisque l’on vous affirmait que c’est un type bien sous tous rapports…Pour la petite histoire, « Sam », nullement enclin pour autant au stakhanovisme ni aux conditions d’entraînement spartiates, dispose d’un palliatif apte à lui apporter un lâcher-prise : il est fan de Johnny, qu’il est allé voir cinq fois en concert. Alors reprend-il ses succès, tant de la voix qu’en s’accompagnant à la guitare sèche. Il s’est particulièrement penché sur le titre apprécié «20 ans », chanson qu’inlassablement il répète. Encore une forme d’évasion !  

                                                                                          Michel Poiriault