Sud de l'agglomération

Du personnel soignant pour transférer des détenus... mais où va-t-on ?

Du personnel soignant pour transférer des détenus... mais où va-t-on ?

Chaque année, ce sont en moyenne une trentaine de détenus de la prison de Varennes le Grand qui peuvent se prévaloir d'un transfert vers les unités de soin du CHS de Sevrey... sauf que là encore ce sont les conditions de ces transferts qui ont de quoi interpeller.

C'est en quelque sorte un vrai coup de gueule que les représentants CGT du  personnel ont souhaité partager aux lecteurs d'info-chalon.com. Après la révélation faite par notre média des actes de rare violence commis le 5 septembre dernier (lire notre article publié ce jour), Fabrice Carpier et Zumbo Lorenzo ont de quoi s'étonner sur la manière dont les détenus de la prison de Varennes le Grand sont transférés vers les unités de soin de Sevrey. 

Dans une structure où le nombre d'arrêts de journée de travail pour agression physique est passé de 392 en  2012 à 667 en 2013, la question de la sécurité du personnel est dans toutes les têtes. La question de l'hospitalisation d'office en institut spécialisé est belle et bien posée mais de manière très pragmatique.  "Ils sont délirants, suicidaires et ils nous sont livrés sur un plateau. Il faut savoir que ce sont deux soignants qui se rendent à Varennes. Là le régime pénitencier nous remet sous notre responsabilité des individus dont on ne connaît pas le pédigrée. Il n'y a ni policiers, ni escorte, ni véhicule spécifique afin d'effectuer le transfert avec les risques que cela peut engendrer" lance Fabrice Carpier, remonté face à une telle situation. 

"Il faut quand même savoir qu'une fois soigné, ce sont les personnels de la prison de Varennes le Grand qui reviennent les chercher, et là avec tout un dispositif de sécurité. On marche sur la tête. Nous avons alertés toutes les autorités. Tous les députés de Saône et Loire, le Président du Conseil Général de Saône et Loire et le Préfet ont été informés de cette situation. A ce jour, seul Rémi Chaintron, Président du Conseil Général nous a répondu, en précisant qu'il se rapprochait des autorités préfectorales". 

La question a été évoquée en conseil de surveillance le 23 octobre 2013, "un vote contre en première instance a été formulé après l'intervention de la CGT sur le partenariat entre la prison de Varennes le Grand et le CHS de sevrey. Après l'intervention du directeur et du Président du Conseil de surveillance, le docteur Jean-François Nicolas, un deuxième vote est venu contredire le premier. Reste que la CGT a formulé deux réserves avec la volonté de voir des moyens humains et financiers dédiés aux transferts des détenus ainsi qu'une meilleure capacité d'accueil. Depuis les réserves formulées n'ont pas été retenues et nous continuons à réceptionner des détenus avec les moyens du bord avec les risques que cela incombent sur un convoyage dans les rues" dénoncent les représentants du personnel. 

"Nicolas Sarkozy avait promis une Unité d'Hospitalisation Spécialement Aménagée par région. Aujourd'hui nous en sommes où ? Il n'y a que 4 ou 5 unités sorties de terre. Le pire, c'est que nous procédons au CHS à des traitements pour ces patients mais lorsqu'ils rentrent en prison, ils ne sont plus obligés de suivre leurs traitements" s'insurge Zumbo Lorenzo. 

" A quand le transfert des fonds de la caisse d'Epargne de Saint-Rémy ? "

La question est posée pour les représentants du personnel qui dénoncent ces transferts artisanaux au risque de toutes et tous. "Tous les courriers adressés à l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne, aux députés, au Préfet sont restés lettres mortes. Les soignants sont devenus des exécutants qui n'ont plus leurs mots à dire" dénoncent les deux représentants du personnel.

Laurent Guillaumé