Chalon sur Saône

La patte de Manuel Marcos pour inventer un rapport à l'espace ce vendredi 5 février à 17h30 place Saint-Vincent à Chalon-sur-Saône

La patte de Manuel Marcos pour inventer un rapport à l'espace ce vendredi 5 février à 17h30 place Saint-Vincent à Chalon-sur-Saône

Le collectif La Méandre est arrimé depuis cinq ans à Chalon-sur-Saône, plus exactement au port nord. C’est dire si elle s’y sent comme un poisson dans l’eau, et ce ne sont pas les nombreuses participations au off de Chalon dans la rue qui démentiront cette assertion. Autre opportunité d’être davantage en symbiose avec le milieu ambiant, la résidence à l’Abattoir, du lundi 1er au vendredi 5 février, pour « Douter de mes propres appuis ». Ce vendredi 5 justement, à 17h30, l’artiste Manuel Marcos se chargera de transfigurer, en solo, la place Saint-Vincent, à la faveur d’une sortie de chantier. A vous de juger sur pièces de l’état d’avancement.

Les fluctuations vont bon train

Essayer d’éviter les définitions trop évidentes, ôter de son champ visuel les stéréotypes, le collectif la Méandre ne cède pas une once de terrain à la facilité. Sous forme théâtrale, à l’aide de la vidéo par exemple, il tente de décaler la place du spectateur, de lui proposer des directions différentes. Ce collectif regroupe cinq-six personnes élevées au théâtre de rue, auxquelles viennent prêter main-forte en fonction des circonstances vidéaste, musicien, scénographe…bref des forces supplétives dotées de compétences diverses étoffant l’effectif au point  de le faire grandir jusqu’à une  quinzaine d’éléments, sans compter l’accueil peu ou prou sporadique de gens du coin, voire de beaucoup plus loin. De toute évidence son mode d’évolution épouse la géométrie variable.

 

Au stade de l’affinage

 

Le spectacle « Douter de mes propres appuis », dont les fondations ont été réalisées il y a trois ans, exhibe une formulation suffisamment explicite. Laissons maintenant la parole à Manuel, le soliste et comédien à la base, afin qu’il lève un coin du voile sur ses circonvolutions. «Je suis dans la phase où tout s’accélère. Là, c’est l’affinage, après une première expérience en septembre dernier à Bourg-en-Bresse. Le contenu expose mes petites tendances et grosses découvertes. L’intérêt est de questionner la ville, l’espace public, ce qu’il est, ce que l’on pourrait en faire, etc. Il y a aussi tout un travail de relation à la matière, à la construction, ainsi qu’un travail du corps. Il interroge le, ou les possibles actions sur la ville à travers la présence du public pour qui il s’agit d’une expérience, avec de l’interactivité s’il le désire. Le spectacle naît, se transforme. Ce qui m’intéresse c’est de créer un phénomène dans cette ville. » Mazette ! D’ores et déjà d’une durée approximative d’une heure, la prestation sera présentable cet été en avançant à visage entièrement découvert, pas forcément à Chalon dans la rue au demeurant. Il n’y a à cet égard absolument rien de défini. « Ce spectacle me permet d’apprendre beaucoup de choses vivantes, pas stables, pas fixées. Il joue beaucoup sur l’adaptation.» Pour vous familiariser avec le collectif, voici ses coordonnées : www.lameandre.org

                                                                                     Michel Poiriault