Chalon sur Saône

CONSEIL MUNICIPAL DE CHALON - Gilles Platret reproche à Hervé Dumaine... une logique fiscale qu'il reprochait lui-même à Christophe Sirugue

CONSEIL MUNICIPAL DE CHALON - Gilles Platret reproche à Hervé Dumaine... une logique fiscale qu'il reprochait lui-même à Christophe Sirugue

On a parlé girouette et vent ce lundi soir au conseil municipal de Chalon... au point même qu'on ne sait même plus dans quel sens il a soufflé.

A-t-on assisté à un "remake" à la sauce chalonnaise du combat fratricide entre Jacques Chirac et Edouard Balladur. "Amis de 20 ans, ennemis de printemps" pourrait-on reprendre du côté de Chalon sur Saône. Les menaces ont-été à peine voilées ce lundi soir en salle du conseil municipal. Gilles Platret reprochant à Hervé Dumaine, la plupart de ses propos, et notamment ceux visant un ancien adjoint de la première mandature, devenu dernièrement conseiller auprès de la municipalité. Un crime visiblement de lèse-majesté pas du tout apprécié par le premier édile qui l'a bien fait savoir.

Concrètement on ne s'attaque pas aux amis, et encore moins en leur absence. 

Au-delà de ce sujet, Hervé Dumaine a réitéré ses très vives inquiétudes sur la question de la dette, répétant encore et toujours la fameuse formulation "les dettes d'aujourd'hui sont les impôts de demain".  Un propos régulièrement énoncé depuis des des décennies par toute la classe politique. Au point même qu'Hervé Dumaine n'a fait que reprendre la sémantique de Gilles Platret, prononcée au cours de la séance du conseil municipal du 17 décembre 2009  (https://www.dailymotion.com/video/xbjsa8) - à 4 minutes 32. 

"Pour rappel, j'avais alerté lors du précédent rapport d'orientations budgétaires sur les efforts que l'Etat allait exiger des collectivités face à la dégradation de ses finances. J'avais insisté sur le fait que la dépense publique ne se résume pas à celle de l'Etat mais engage aussi les collectivités. Cette anticipation s'est confirmée. J'avais proposé de faire une pause dans les investissements ou de hierarchiser clairement les priorités. Votre seule réponse avait été, Monsieur Dumaine, il va falloir assumer votre petite musique. Ce soir, je l'assume et je la réitère avec un ton plus ferme."

Une capacité de désendettement passée de 12,6 à 16,9 ans 

Trop c'est trop pour Hervé Dumaine comme l'a rappelé l'ex premier-adjoint au maire. "En 2023, nous avions une dette de 1750 euros par habitant, à comparer aux villes de la même strate de 979 euros/Hab". "Vous me faites penser à une entreprise obsédée par ses charges d'investissement, avancant coûte que coûte, sans visibilité réelle comme dans un brouillard de guerre sans prendre en compte les acteurs extérieurs. On finira par s'exposer à de graves difficultés. Voilà ce que produit l'absence de stratégie fiscale. Je ne souhaite pas à titre personnel que les impôts soient augmentés mais je défends une approche plus responsable, avec un programme de dépenses et d'investissements mieux ciblés et plus cohérents avec nos moyens réels. Les impôts ne doivent pas servir de variable d'ajustement. Cela demande du discernement et pas de la précipitation".

Régulièrement la question de l'endettement d'une collectivité est pointée du doigt lorsqu'on siège dans l'opposition, et disons-le clairement, c'est bien normal, s'agissant là d'un point de crispation essentiel pour le devenir du vivre-ensemble. Si Gilles Platret l'a martelé à chaque séance du conseil municipal pendant près de 6 ans de 2009 à 2014, lorsqu'il siégait dans l'opposition, au point de mettre la question de la dette au coeur des enjeux de la municipale de 2014, la dialectique est sensiblement différente une fois passé du côté de la majorité. 

"Oui je vous confirme qu'on entre dans un monde plus violent"

"Sur la question de la tranquilité publique, les deux élus chalonnais se sont au moins rejoints, "mais sur le volet de la tranquilité publique, les contradictions sont flagrantes. Vous affirmez faire de Chalon, une ville plus sûre, vous renforcez les effectifs de la police municipale en les portant à 41, un effectif en nette progression qui peut se défendre sur le plan sécuritaire mais entassés dans des locaux construits au début des années 2000, pas dimensionnés. C'est un manque flagrant d'anticipation. On recrute, on communique mais on oublie un cadre de travail adapté. Vous annoncez la création de bureaux de police municipale au Plateau Saint-Jean et aux Aubépins mais je rappelle que le bureau des Près Saint Jean inauguré en 2019 reste fermé  ou ouvre de manière très épisodique. Est-ce uniquement un affichage sécuritaire sans suivi opérationnel ?" a lancé l'ancien Monsieur Sécurité de la ville de Chalon. 

Hervé Dumaine a précisé "avoir écarté une société de conseil sécurité en 2016 avec votre accord en raison de son coût et de la faiblesse des services rendus. Je vous demande publiquement que soit communiqué les montants alloués à cette société". 

L'ancien adjoint a même enfoncé le clou évoquant "la dernière stratégie contre la délinquance fixait un cadre de 2017-2022, nous sommes désormais en 2025 sans nouvelle feuille de route connue. Comment prétendre piloter sérieusement une politique de sécurité locale sans cadre actualisé ?".

Un conseil où on a parlé girouette

Ce lundi soir, le maire de Chalon sur Saône, a fustigé celles et ceux qui prédisent le pire sur la question de la fiscalité, jusqu'à accuser Hervé Dumaine de "girouette" sur le plan politique, après avoir rejoint le clan d'Edouard Philippe, et de le menacer de "sortir des échanges qu'ils avaient pu avoir l'un et l'autre" à l'époque où ils étaient amis de 20 ans. Chaleureuse ambiance ce lundi soir, à coups de menaces publiques.

Laurent GUILLAUMÉ